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5 points de vigilance pour remplir un livret

On se souviendra des premiers livrets qu'on a rempli et du cas de conscience que ça a pu être (que c'est encore ) ! Avec l'habitude, nous avons gagné en professionnalisme, en espérant que notre coeur ne s'est pas rangé dans un tiroir, oubliant l'impact de tous ces mots sur le présent et l'avenir de chaque élève. Combien d'adultes citent encore les "appréciations" de leurs livrets pour expliquer pourquoi ils·elles ne se sont pas lancés dans certains rêves de vie...

Sur papier ou sur ordi, la question du support ne doit pas camouffler les questions de fond : et si toute l'énergie dépensée à respecter des délais malgré le temps nécessaire pour s'habituer à un nouvel outil ou à une énième formulation des compétences, nous faisait perde le lien avec l'essentiel ?... C'est si facile, la tête dans le guidon... euh... les copies ! d'oublier qu'un livret est avant tout une communication entre un·e prof et son élève, entre un·e enseignant·e et les parents de chaque élève et enfin entre un·e formateur·trice et les intervenants qui entourent l'enfant (psychologue, docteur, orthophoniste, ergothérapeute...). Et oui, le·la prof est le témoin privilégié des étapes de construction et de blocages des enfants, de ses interactions avec les autres élèves. A partir de ses observations, toute une chaine de décisions et d'actions va s'enclencher... Pas étonnant qu'on soit si stressé·e pour les remplir ! Quelle lourde responsabilité ! 

Du coup, cet article est comme une mini-check-list avant de "rendre notre copie" pour s'assurer qu'on n'a pas oublié les dimensions sensibles et humaines qu'on peut vite perdre de vue puisqu'on n'est pas directement en face des élèves et des parents pour leur expliquer où ils en sont et quel cap viser ensuite. 

 

Voici donc 5 points de vigilance pour ne pas se laisser complètement emporter par le diktat de la compétence et la pression de l'urgence.

 

ASTUCE n°1 : Se souvenir que ce qu'on écrit sur les livrets marque l'élève au "fer rouge" pour le reste de sa scolarité

D'un côté le livret unique permet une meilleure circulation des informations d'une équipe pédagogique à l'autre, d'un établissement à un autre, mais cette permanence va également déterminer les choix qui seront faits par les équipes de profs pour orienter l'élève ou les choix de filières qui lui seront accordés. Plus de départ avec une page blanche... Il est donc important d'être le plus factuel possible et de se garder des interprétations hasardeuses. Combien d'entre nous se sont fait avoir en présupposant qu'un·e élève ne faisait pas assez d'effort pour réussir, alors que plus tard, on a eu vent du diagnostic de trouble spécifique des apprentissages ou d'un vécu familial extrêmement compliqué (ex : faire ses devoirs sur la table de la cuisine, la seule du petit appartement, au milieu des frères et soeurs en bas âge...). La limite est mince entre constater l'empêchement d'accéder à des résultats qui semble à sa portée, et juger d'un manque d'implication de l'élève et de sa famille... Alors même si on espère le·la booster, les paroles s'envolent, les écrits restent...
 

ASTUCE n°2 : Sortir du constat, proposer des pistes à explorer pour évoluer

Quand d'un coup on endosse le rôle de parent, on porte un nouveau regard sur le livret : "bon, comment s'en sort mon enfant ? Où puis-je lui donner un coup de main ? Et surtout quel coup de pouce ?" Du coup, quand le·la prof nous propose des pistes concrètes, on est bien plus armé·e. Et tout ce travail de fourmi qu'on peut passer à traquer le moindre exercice pour ces si nombreux élèves prend tout son sens : on donne à chaque adulte autour de l'enfant les moyens d'agir en poursuivant notre action, en gagnant du temps et de la cohérence.

 

ASTUCE n°3 : Etre conscient·e qu'on n'a pas toutes les cartes en main pour juger

Si on est très rigoureux et consciencieux, on concèdera que nous ne faisons que des hypothèses et que l'évolution des élèves est bien difficile à prévoir... un élève peut s'effondrer du jour au lendemain ou au contraire se révéler d'une façon toute aussi soudaine ! C'est bien difficile de savoir comment va évoluer un enfant. D'autre part, nous n'avons pas tous·tes les mêmes attentes ni la même définition du terme "réussite" ... Et parfois, nous nous retrouvons à être plus souple ou plus exigeant·e que les propres parents d'un·e jeune... C'est peut-être à ce moment-là qu'on dépasse un peu nos prérogatives... C'est fou tout ce que cet acte soit disant anodin soulève comme véritables questions de fond... 

 

ASTUCE n°4 : Essayer de ne pas être en colère, déçu·e ou content·e...

Ben oui, si on est content ou en colère, c'est qu'on le prend un peu personnellement quand même... Bon j'ai dit "essayer", parce que nous sommes humains et eux aussi, les connivences ou manques de connexion sont inévitables, mais parfois ils peuvent altérer nos attentes et augmenter la pression... Pas simple de faire de cet acte professionnel  quelque chose de si impartial au milieu de tellement d'humain ! Mais continuons d'essayer et c'est sans doute la meilleure façon de s'en rapprocher !

 

ASTUCE n°5 : Assumer les failles de notre système

Parfois nous sommes contraint·e·s d'évaluer alors que certains enfants auraient eu besoin de quelques jours ou semaines de plus pour être en réussite et nous nous rendons compte que la rigidité de certaines échéances ou  modalités d'évaluation vont largement pénaliser quelques-uns (et sans doute quelques autres qui s'en sortent moins mal !) . Qu'est-ce qui nous empêche de signifier dans le livret que l'élève a démontré cette compétence lors des entrainements mais a perdu ses moyens lors des évaluations écrites ? Nous pouvons également signifier qu'il est un peu trop tôt pour évaluer cette compétence en cours de construction et que le contrôle aura lieu au trimestre suivant. C'est souvent en le remplissant que le livret nous confronte à des interdits qu'on s'impose peut-être tous·tes seul·e·s !

 

Au final, pas simple de ne pas sentir toute cette pression invisible qui se joue autour de l'établissement des livrets ! Qui est jugé ? L'élève ou l'enseignant finalement ? Comment ne pas avoir peur d'être remis en cause si la "faute" ne vient pas de l'élève ? Et quoi qu'on fasse, il y aura toujours un·e mécontent·e, un·e collègue, un·e supérieur·e hiérarchique, un·e enfant... parce que les idées sur l'éducation et ce que l'école devrait exiger ou fournir, finalement, tout le monde a son idée là-dessus ! Et bien sûr, ce ne sont pas les mêmes ! Alors si au moins on s'assure de donner une priorité à une communication la plus bienveillante possible et constructive, on ne pourra jamais regretter ce qu'on a écrit... C'est une hypothèse bien sûr !

 

Sara

PE et MAT dans le 92

Maternelle Elémentaire Collège Lycée

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