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6 idées à avoir en tête face à la différenciation

 

Il faut faire de la différenciation, notamment pour les élèves en difficulté. Oui, mais ça veut dire quoi concrètement ? Comment on s'y prend ? Simon nous donne 6 idées à garde à l'esprit pour y parvenir au quotidien dans la classe :

 

IDÉE N°1. COM-PAS-SION !

Ne perdons jamais de vue qu’un.e élève en difficulté est avant tout un.e élève en souffrance qui aura, selon son âge, son vécu et les différents climats de classe qu’il.elle aura rencontrés, mis en place des stratégies de défense et d’évitement. Ce n’est donc en aucun cas un.e « paresseux.se » ou un.e enfant qui ne comprend juste rien ou qui s’en fiche. Aucun.e enfant ne se fiche de l’image qu’il.elle a de lui.elle-même, même le.a plus endurci.e… Pensons donc à garder notre capacité de compassion intacte, à défaut de notre patience qui tend parfois à s’amenuiser (et c’est bien naturel, parce que la difficulté scolaire, c’est dur pour le moral…de tout le monde !)

 

IDÉE N° 2. NOUS SOMMES DES PROFESSIONNEL·LES

Gardons en tête que le.a professionnel.le, dans l’histoire, c’est nous ! En cela, il est de notre devoir de rester conscient que, si nous ne sommes évidemment pas la cause de cet échec, nous pouvons toujours faire quelque chose pour le combattre (car il s’agit bel et bien d’un combat…). Certes, cet.te élève qui ne comprend toujours pas après la 5ème reformulation génère chez nous une frustration certaine, mais on ne peut pour autant pas le.a tenir pour responsable…

 

IDÉE N°3. ALLÉGER SANS PERDRE L'EXIGENCE

Pensons à alléger la charge de travail attendue, sans pour autant diminuer les exigences que l’élève doit avoir pour lui.elle-même. On peut en effet accorder à un.e élève qu’il.elle ne fasse qu’une partie du travail demandé, à condition qu’il.elle s’engage à avoir une attitude de travail irréprochable (sérieux, propreté, persévérance, questionnement de soi ou de l’enseignant.e…). Cela témoigne à l’élève que l’on fait preuve de compréhension face à ses difficultés et le rassure quant à l’effort qu’il.elle aura à fournir. Sachant que rien ne lui interdit de prolonger cet effort par la suite, s’il.elle se montrait efficace dans le travail en question.

 

IDÉE N°4. DIFFÉRENCIER DANS LA DIFFÉRENCIATION !

Un.e élève qui ne tient pas en place n’a pas besoin des mêmes aménagements qu’un.e rêveur.se, un.e enfant immature et fatigable, ou un.e enfant avec une déficience… Ici, malheureusement, pas d’astuce. Mais, encore et toujours, de la patience et l’envie de creuser, d’échanger avec lui.elle, d’essayer de le.a comprendre pour lui proposer les petits ajustements qui feront la différence. Il s’agit certes d’un gros effort pour nous, pour ce qui peut sembler un petit résultat, parfois intangible. Mais c’est notre intention et notre manière de reconnaître et de combattre ses difficultés que l’enfant retiendra. Et alléger ce poids qui pèse jour après jour sur les épaules de ces enfants est inestimable.

 

IDÉE N°5. SUIVRE DE PRÈS

Etant ceux.celles qui souffrent le plus, les élèves en difficulté doivent avoir la primauté de notre soutien. Un moyen efficace de les accompagner est d’avoir une attention systématique pour eux.elles, dès la consigne passée, au moment même où la plupart des élèves se mettent au travail… Et d’autres s’enfoncent dans le stress de ne pas réussir, de ne pas être à la hauteur, de ne pas tenir en place, de s’endormir sur leur feuille. A ce moment précis, on peut passer voir les quelques élèves que l’on sait en difficulté pour s’assurer avec eux.elles que la consigne est bien comprise, quitte à faire le début avec eux.elles. On peut aussi envisager de prendre un petit groupe pour les aider à démarrer, en cas de difficulté commune.

 

IDÉE N°6. ATTENTION À L'ORAL EN GROUPE-CLASSE

Pour des questions de diversité, parfois subtile à détecter, de vocabulaire, de capacité de concentration, ou tout simplement de compréhension, une explication donnée à l’oral, face à la classe entière, peut parfois être très complexe, voire impossible à suivre pour certain.e.s. Pour cela, on peut privilégier des séances de découverte/recherche où tous les élèves sont en activité. Cela leur permet à toutes et tous de partir avec une référence commune. Ensuite, même si les fondations s’avèrent fragiles pour certain.e.s, cette référence permettra de ne pas passer trop de temps à expliquer à l'oral, ce qui nous fera gagner du temps d’explication en petits groupes, plus propices à la différenciation.

 

NB  : ces idées concernent le métier en général et sont donc transversales. Chacune d’entre elles peut être adaptée au contenu et à la discipline enseignée… Et ici je n'ai abordé que des idées de différenciation face à la difficulté scolaire, pas face aux problèmes de comportements.

 

Simon