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Prendre en main sa classe : une main de fer dans un gant de velours ?

Comment débuter l’année scolaire ? Comment s’y prendre ? Comment asseoir son autorité ?

Chaque année, une majorité d’enseignants, qu’ils soient débutants ou expérimentés, se demande comment débuter une « nouvelle » année : souvent avec un nouveau groupe d’élèves, parfois avec un nouveau niveau ou dans une nouvelle école ; les questions sont nombreuses sur les méthodes, les activités, les attitudes à avoir…

 

Les besoins comme porte d’entrée sur la connaissance de l’autre

La question du prof autoritaire ou du prof amical est, de mon point de vue, une fausse question ou une question insuffisante. La préoccupation principale de tous mes débuts d’année est de poser un cadre relationnel qui permettra à tous de travailler sereinement. Autorité ne signifie pas autoritarisme, s’il suffisait de crier ou de punir pour se faire respecter et faire progresser les élèves, cela se saurait…

Un livre* de psychologie sans rapport direct avec le domaine de l’éducation m’a largement conforté dans les choix que je pouvais faire pour mes groupes d’élèves depuis quelques années. A l’intérieur, une théorie : celle des besoins psychologiques fondamentaux développée par les chercheurs Deci et Ryan. D’après eux, chaque être humain exprime fondamentalement un besoin de compétence, un besoin d’autonomie et un besoin d’appartenance. Ces trois notions constituent mon cadre de travail, celui dans lequel je souhaite voir évoluer mes élèves en les prenant là où ils en sont et en les amenant petit à petit à donner différemment, mieux ou plus selon les cas, pour avancer dans leur parcours d’apprenant.

 

Des activités pour mettre à jour les besoins des élèves

Les activités de l’année sont déclinées selon ces axes :

  • Des projets disciplinaires et interdisciplinaires fédèrent le groupe et cultivent un sentiment d’appartenance, ils visent la coopération, l’entraide, l’empathie.

  • La mise en place de plans de travail, le fonctionnement par ceintures de compétences et la possibilité de mener des projets personnels développent le sentiment d’autonomie et de compétence.

Mais tout ceci ne prend qu’à la condition que le climat de classe soit apaisé et positif, qu’une véritable relation se construise entre les élèves eux-mêmes en entre les élèves et moi en même temps : il ne s’agit plus d’autorité mais d’un contrat de confiance, d’accompagnement et d’engagement dans une vision partagée. Le bien-être est alors une notion fondamentale à cultiver : c’est le terreau dans lequel prendront les graines semées.

 

Les premiers jours vont être dévolus à faire connaissance.

Pour la plupart, je ne connais pas les élèves que je vais avoir et je n’ai pas voulu en apprendre trop sur eux pour ne pas influencer mon jugement. Ma première priorité va être de développer l’estime de soi et la confiance en soi. Je fais, comme de nombreux enseignants, le pari de l’éducabilité de tous, enfants comme adultes et je crois qu’il est important d’aller à la rencontre des enfants qui nous sont confiés. Tous ont des capacités ou des connaissances propres, même si elles ne sont pas directement en rapport avec les programmes scolaires. A moi de savoir les utiliser pour construire des savoirs et pour donner l’envie d’être en classe en donnant du sens au mot et à l’acte d’apprendre.

  • Qu’aimes-tu faire ? Que sais-tu faire ?
  • Qu’aimerais-tu apprendre aux autres ? Qu’aimerais-tu savoir faire ? » avec la possibilité et même un encouragement à ne pas parler que d’école : ouvrir les portes est toujours plus riche que de les fermer…

 

Des réponses qui servent de socle aux propositions pédagogiques

Par ces questions, j’attends des enfants qu’ils réfléchissent à leurs forces, à leurs envies et à leurs besoins ou difficultés. Les deux premiers thèmes serviront à guider la mise en place des ateliers de la classe : ceux que je proposerai en rapport avec les programmes scolaires et ceux que les élèves proposeront à partir de leurs « talents ».

Les deux derniers serviront à élaborer son propre projet d’apprenant en donnant une perspective à la construction des savoirs. « Pourquoi ? Pour quoi ? Pour qui ? » j’apprends, avant de réfléchir à « comment » j’apprends.

Une fois cette attitude réflexive mise en place (cela prendra quelques mois à ne pas en douter !) et passée l’introduction d’activités autour du bien-être (débats à visée philosophique, carnet de réussites et de gratitude, journal des émotions, relaxation si besoin…), l’année devrait pouvoir se dérouler correctement. Enfin… je l’espère !

Bonne rentrée à tous !

Amélie Vacher, PE en CM1 à Langon, Gironde.

 

*Donner un sens à sa vie, Jacques Lecomte

Maternelle Elémentaire Collège Lycée

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