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Comment gérer notre fatigue pour tenir jusqu'aux vacances ?

La motivation, quand on est prof, et qu'en plus on est en décembre, peut disparaître pour laisser place à une fatigue intense. Il y a peut être des solutions qui vous aideront plus que "ben oui mais tu dors pas assez » et "c'est bientôt les vacances" que vous entendez autour de vous. Oui, merci, mais je fais quoi en attendant ?! Voici 6 conseils étonnants, testés et approuvés ! (et qui fonctionnent toute l'année)

 

1. Prendre du temps pour soi alors qu’on a l’impression de n’avoir le temps de rien

Premier conseil, celui que tout le monde vous donne depuis des semaines : change toi les idées, fais du sport, prends soin de toi. Si c’est le conseil que tout le monde vous donne, c’est qu’il est quand même un peu valable. C’est en effet ce que vous pouvez faire de mieux pour vous. 

Une session de sport libère de l’endorphine, les hormones du bien-être et la dopamine, un neurotransmetteur associé au chemin de la récompense. Vous ressentez un sentiment de plénitude, votre degré d'anxiété s'en trouve diminué et votre sommeil apaisé et donc votre fatigue (presque) envolée. La dose idéale c’est 30 minutes par jour, cinq fois par semaine, mais le tout c’est de le faire sans se rajouter du stress, parce que si la session de sport devient un casse-tête, une énième chose à rajouter dans vos « to do list » déjà longue comme le bras, ça ne sert à rien !

Vous pouvez aussi planifier un « rendez-vous » avec vous-même quotidiennement pour prendre soin de vous : lecture, méditation (c’est à la mode), faire quelque chose de vos mains, sieste, écriture, grand bain chaud (même si ce n’est pas très écolo)… Choisissez ce qui vous épanouit et prenez le temps pour vous.

Alors, vous ajoutez ça quand dans votre agenda ?

 

2. Moins travailler alors qu’on a l’impression qu’on n’en donne déjà pas assez

Être enseignant, c’est découvrir un temps qui n’est pas régi par les lois habituelles de la physique. On se rend rapidement compte, en effet, en préparant nos cours, qu’au lieu d’avoir une liste de tâches qui diminue logiquement au fur et à mesure du travail abattu, bien au contraire, notre liste de choses à faire ne cesse de rallonger au gré des nouvelles idées que notre fabuleux esprit créatif et investi nous propose. Au bout du compte, plus on se laisse de temps pour travailler, plus on va travailler sans avoir jamais l’impression satisfaisante d’avoir fait le tour des choses à faire. 

Cette problématique touche particulièrement les jeunes enseignants, sans enfants, consciencieux, qui ne peuvent pas compter sur leur douce progéniture pour les rendre redoutablement efficaces durant chaque moment de sieste ou de temps calme.

Quand on a remarqué ça, on peut donc se dire que quelle que soit notre impression, nous devons nous imposer des limites, car aucun élève n’est mort d’avoir assisté à un cours improvisé ou bancal, et aucune guerre mondiale n’a été déclenchée pour un week-end passé sans préparation de cours. Donc on se détend.

 

3. Se féliciter alors qu’on a l’impression de ne rien réussir

Je vais reprendre l’expérience de Paul Rozin, spécialiste du dégoût, citée par Christophe André dans Et n’oublie pas d’être heureux : un seul cafard suffit à rendre un bol de cerises repoussant alors qu’une magnifique et juteuse cerise ne suffira jamais à rendre un bol de cafards attirant. C’est comme ça, notre esprit guette le négatif pour éviter le danger qui lui est généralement associé et se relâche quand il y a du positif. Pensons à nos réactions avec les élèves, ne sommes nous pas toujours en train de guetter le cafard au milieu des cerises ? (non, on ne parle pas des élèves eux-mêmes, c'est vous qui l'avez pensé.)

Prenez le temps chaque jour de remarquer puis de noter dans votre agenda les belles cerises que vous avez observées : un élève, habituellement agité, qui se laisse aujourd’hui happer par le cours que vous proposez, un autre, habituellement passif, qui prend la parole, des moments d’aide spontanés… 

Créez votre bol de cerises, à dévorer dans les moments les plus vulnérables. Dépensez votre énergie à traquer les cerises, les cafards sauront toujours venir vous chatouiller l’esprit en fin de journée, mais au moins là, vous aurez du concret pour contre-attaquer. On dit qu’il faut à peu près quatre expériences positives pour contre-balancer une expérience négative, alors ouvrez l’oeil ! Et comme par hasard, quand on est positif, la fatigue ressentie est moins forte... On dit ça comme ça.

 

4. Se reconnecter alors qu’on se sent isolé

Le sentiment d’isolement est très fort chez les enseignants. On est souvent bien seul devant sa classe, à affronter les difficultés, les doutes, les remises en question. Et être seul face à tout ça, ça... fatigue ! Le travail en équipe est rare, surtout dans le secondaire, pourtant c’est un excellent outil pour lutter contre la fatigue, le stress et la démotivation. Essayez de vous trouver un allié pour parler d’une difficulté, préparer une séance, partager des outils.

Au Japon, il y a une pratique très répandue chez les enseignants : les lessons studies. Les enseignants se rassemblent et planifient une séance à plusieurs, en essayant de parer toutes les éventuelles difficultés. Puis tous les collègues vont s’observer lors de la mise en pratique de la séance, et on décortique ensemble ce qui a fonctionné et ce qui n’a pas fonctionné. Comme la séance a été pensée à plusieurs, la responsabilité de chacun est moins engagée, et il devient moins difficile d’inviter des collègues à passer le pas de la salle de classe. Alors pourquoi pas essayer une fois d’ici Noël ?

 

5. S’exposer alors qu’on se sent vulnérable

Ce conseil rejoint le précédent, mais je vous propose d’aller plus loin encore. Dans sa conférence Ted, Brené Brown explore le pouvoir de la vulnérabilité, elle soutient la thèse suivante :  ceux qui s’exposent le plus, ceux qui parlent de leurs difficultés et acceptent leurs failles sont aussi ceux qui ont les relations les plus épanouissantes et une meilleure estime d’eux-mêmes. Elle s’est rendu compte que la peur de nous exposer était notre pire ennemi et que, par crainte, nous nous isolons, nous recherchons la perfection, nous nous réfugions dans la drogue, la nourriture, le shopping, le travail... Ca vous parle ? Dans les moments les plus durs, seule notre capacité à nous ouvrir sincèrement pourra nous aider.

Dans l’enseignement, qu’est-ce que ça veut dire ? Ça signifie qu’il ne faut pas hésiter à s’ouvrir sur ses difficultés à ses collègues de confiance, ne pas hésiter à ouvrir la porte de sa classe pour avoir un regard autre, bienveillant et sincère sur nos pratiques, nos faiblesses mais aussi sur les réussites qu’on ne voit plus (vous vous souvenez du cafard..) On a tous au moins un•e collègue-ami, dont on connaît les qualités, à qui on peut s’ouvrir et avec lequel on pourra se pencher sur des solutions, plutôt que de mariner seul•e dans le noir et de rester... fatigué !

 

6. Ne pas traiter le programme alors qu’on a l’impression de ne pas avancer assez vite

Alors que je parlais à une amie psy de mon ras-le-bol, de ma fatigue générale et de mon envie de démissionner de ce boulot de fous, elle m’a invité à réfléchir à la proposition suivante : « ta démission est acceptée, c’est bon, tu n'enseigneras plus, mais il te reste quatre jours à tirer avant de pouvoir quitter définitivement la profession, que ferais-tu avec tes élèves ? » (Oui, elle est psy.)

Cette question nous pousse à saisir ce qui nous motive dans l’enseignement : finir le programme, faire progresser les élèves, le contact humain, la transmission culturelle, la joie partagée, la transmission de valeurs ? Prenez cette question, répondez-y et faites ce qui vous rend heureux•se. Essayez déjà sur cette courte période de fatigue intense... Vous allez voir que votre fatigue va s'alléger !

 

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