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Comment motiver les élèves dans l'apprentissage de la langue ?

Motiver des ados quand on parle de la langue française, sacré défi ! Peggy explique en quelques points comment elle permet à ses élèves de rentrer dans ce type d'apprentissages sans perdre la moitié de la classe .

Cela ne vous aura sûrement pas échappé, c'est le grand retour de la langue dans les programmes du collège. On voit refleurir, au détour d'une nouvelle réforme, une partie qui lui est entièrement consacrée dans l'épreuve écrite du Brevet. Au fil des années, j'ai pu remarqué que nous avions tous une façon très personnelle d'aborder la langue avec nos classes. Bien sûr, nous connaissons et pratiquons parfois la bonne vieille méthode « descendante » qui consiste à expliquer un point puis le faire appliquer aux élèves.

Ceci dit, il me semble que ce n'est pas toujours ce qu'il y a de plus efficace, d'autant plus si, comme moi, vous êtes en REP et donc confrontés à un public qui a du mal à se dépatouiller avec certaines notions de base (du style « Ah bon « table » c'est pas un verbe Madame ?») Ma conviction, c'est que pour que les élèves accrochent sur la langue et surtout la comprennent, il faut qu'ils la manipulent, la décortiquent, la tordre parfois. Il faut qu'ils comprennent le sens des mots qu'ils rencontrent : qu'est-ce que ça veut dire « pronom » ? Qu'est-ce que signifie « modalisation » ?

Bref, il faut qu'il en fasse l'expérience, presque au sens scientifique du terme, et c'est pour cela que j'essaye le plus souvent de placer mes élèves en position de chercheurs lorsque l'on travaille un point de grammaire ou d'orthographe. Voici donc quelques exemples de mise en place. Lorsque j'entame le travail sur les valeurs du présent, deux possibilités s'offrent à moi : je peux expliquer les-dites valeurs et produire ensuite une flopée d'exercices d'application qui feront leur effet sur une partie de la classe qui finira bien par assimiler. Mais, pour l'avoir testé de cette manière, je sais aussi que je vais en laisser sur le bord du chemin...

J'opte donc pour une autre approche : nous partons d'une hypothèse commune de base qui répond à la question

1. « A quoi sert le présent de l'indicatif selon vous ? » Immanquablement, les élèves répondent qu'il sert à « dire ce qui se passe maintenant » .

2. Nous inscrivons cette hypothèse première sur notre document de travail puis je fournis une série de phrases (bien pensées et choisies!) dans lesquelles l'usage du présent est différent.

3. A chaque fois, les élèves doivent répondre à trois consignes : Est-ce que l'usage du présent de l'indicatif dans cette phrase répond à notre hypothèse de base ? Souligne dans la phrase ce qui pose problème selon toi. A quoi sert le présent de l'indicatif dans cette phrase, selon toi ?

Ce faisant, les élèves recherchent, se posent des questions, découvrent. Au terme de cette phase d'appropriation, TOUS les élèves parviennent TOUJOURS à déterminer les différentes valeurs du présent.

4. Il reste ensuite à expliquer les dénominations qui ne sont pas forcément celles qu'ils ont proposées : dire que le « présent quand on parle » s'intitule le présent d'énonciation (et bien définir avec eux ce que veut dire ce mot), même chose avec le présent de narration...

Pour les homophones, j'adopte le même principe :

1. Je les place en groupe, chaque groupe doit réfléchir sur une phrase donnée (à nouveau bien choisie) en trouvant ce qui pose problème.

2. Ensuite, chaque groupe doit essayer d'édicter la règle, la tape sur l'ordinateur de la salle, puis invente un exercice à destination des camarades.

3. Une fois ces travaux mis en commun, on fait une reprise collective.

4. Tous les élèves réalisent la planche d'exercices qu'ils ont eux-mêmes alimentéé puis on fait de la co-correction.

5. Pour les types et formes de phrases, je propose un corpus de phrases et un tableau vide, je propose aux élèves de répartir les phrases dans les différentes colonnes du tableau puis de donner un titre à chaque colonne. Et nous cherchons tous ensemble jusqu'à trouver le fonctionnement cohérent.

 

J'alerte votre attention sur deux choses lorsque l'on travaille selon cette méthode.


Premièrement, vous l'aurez compris, il faut avoir vraiment bien réfléchi sa démarche initiale et surtout le choix des phrases et / ou texte(s) qui feront office de support. Si vous ne le faites pas, les élèves vont vous proposer des classements, des hypothèses qui fonctionneront mais qui ne vous emmèneront pas là où vous voulez aller. Pour cela, il faut donc toujours se mettre à la place des élèves et essayer de voir tout ce qu'ils pourraient vous soumettre pour, éventuellement, rectifier votre corpus.
Deuxièmement, vous l'aurez compris, même si c'est, selon moi, très agréable et efficace de travailler de cette façon, c'est aussi, ne nous leurrons pas, chronophage ! Si l'on considère le grand nombre de points de langue, il va de soi que l'on ne peut pas tout faire ainsi (ou alors on ne fait que ça toute l'année...). Comme tout le monde, je suis contrainte de faire des choix sur les notions que je traite de cette manière et les autres sur lesquelles je gagne du temps en allant plus vite... Et... c'est comme ça !

 

Peggy, prof de français au collège

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