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Smileys, A-B-C-D, codes couleurs... Quels systèmes de notations et codages utiliser en primaire ?

Chiffres, lettres, animaux, couleurs ? Mais c'est quoi ce binz ! Et les bonnes vieilles notes alors ? Pourquoi voit-on toutes sortes de systèmes en primaire ?! Ce ne serait pas plus simple de faire comme avant ? Dans cet article, 5 systèmes de "notation" décryptés avec leurs apports et leurs limites.

En primaire, les notes sont plutôt rares aujourd'hui. On voit apparaître tout un cheptel (oui, il y a même des animaux parfois !) d'échelles de graduation des niveaux d'acquisition des compétences. Un prof de secondaire ou un parent pourrait facilement s'y perdre ! Et vous, vous êtes plutôt quoi ?

 

Voici 5 systèmes de codage couramment utilisés dans les écoles, décryptés ici : 

 

1- Avec ou sans tampons, les smiley indecision sad

L'objectif ici est d'être  synthétique et lisible par les enfants, y compris par ceux qui ne lisent pas encore. L'intention est de créer une communication directe avec l'enfant. Le souci de ce codage est d'associer les performances de l'enfant à l'humeur ou au jugement de son maître ou sa maitresse. ("Je suis content·e de toi si tu réussis", "Je suis fâché·e que tu n'aies pas réussi !" ). C'est un peu la même chose mais sans image, que les fameux "ab" (assez bien), "b" (bien), "tb" (très bien), "vu", qui jalonnent les marges des cahiers ou des fichiers. Or,  on cherche à apprendre aux enfants à travailler pour grandir et faire par eux·elles-mêmes, mais pas pour faire plaisir à leur enseignant·e ! De plus, certains élèves ont énormément sué et travaillé pour avoir un "ab", alors que d'autres, très à l'aise sur la notion n'ont eu qu'à donner la réponse qui venait à eux très facilement et se retrouvent avec un  smiley  ou un "tb". C'est la limite de ce système. Le message peut être décourageant et injuste finalement. En revanche, ce qui pourrait être intéressant, c'est de faire dessiner (tamponner) ces smileys par l'élève lui-même, en auto-évaluation, pour dire s'il s'est senti à l'aise ou non pour faire cette tâche et de voir l'évolution au fur et à mesure : leur montrer que la difficulté d'apprentissage s'estompe au fur et à mesure qu'on s'entraine, par exemple.

 

2- Les codes couleurs 

Vert, (jaune), orange, rouge. Un clin d'oeil aux feux tricolores et un parallèle avec la "circulation" et la "fluidité" des acquis. Ce système peut aider les enfants à comprendre le besoin de ralentir ou s'arrêter pour reprendre certains éléments à la base, surtout à un âge où les enfants ont du mal à revenir sur ce qu'ils ont fait, pour eux·elles, quand c'est fini, c'est fini ! Là encore, ce système peut être utilisé par des non-lecteurs. Il est rapide à lire ou à écrire (un coup de gros feutre et hop !). Tout l'enjeu est de graduer les couleurs et de leur associer une signification, en faisant attention aux associations inconscientes (ex : le rouge peut être associé à la colère...).

 

3- Le très répandu A-B-C-D (ou équivalents : A(cquis), ECA (En cours d'acquisition), AR (A renforcer), NA (Non acquis)...)

Lié à la notion même d'évaluation par compétence, ce codage impulsé dans les livrets et documents académiques a souvent cours aux cycles 2 et 3, avec ou sans codages couleurs ou dessins, en complément, dans les petits exercices du quotidien. D'autres variantes sont développées par les équipes sur place, selon leurs besoins pour sortir de certaines impasses comme un élève qui rend copie blanche et pour lequel on a du mal à savoir ce qu'il·elle sait faire sous les problèmes de comportement. Par exemple un NE (compétence non exprimée) vient compléter la palette.  De même, un élève qui a dépassé le niveau attendu pourra se voir gratifié d'un A+. Cette échelle d'évaluation permet de bien faire comprendre pour chaque compétence où en est l'enfant, mais ça peut paraître jargonneux et pompeux pour les parents moins à l'aise avec l'école et les mots. Et à part compter le nombre de A, les enfants peuvent avoir du mal à se situer au global, c'est moins visuel pour dégager une vue d'ensemble.

 

4 - Les ceintures de compétences (par couleurs)

Comme en judo ou dans d'autres arts martiaux, les progrès sont signifiés par des passages de peintures, et les détails des compétences à acquérir sont détaillées dans un tableau, ce qui permet aux enfants et aux parents d'avoir une vision globale de ce qu'il faut maîtriser pour passer ceinture bleue ou ceinture marron, par exemple. Ces systèmes sont pensés par cycle et entre cycles, ce qui permet aux enfants de ne pas repartir de zéro chaque année et de se voir progresser d'une année sur l'autre, de se rassurer sur l'avancée globale. Ce système très détaillé nécessite d'avoir réparti à l'avance toutes les nuances d'un sous-domaine par cycle ou sur plusieurs cycle. C'est un travail de fourmi, pour pouvoir proposer une progression et des exercices adaptés et correspondant à la validation de chaque couleur de ceintures... Heureusement des associations d'enseignants ont fait le boulot ! Et avec les outils numériques, des raccourcis sont de plus en plus accessibles. Charge à l'enseignant que ça ne se transforme pas en compétition et dévalorisation de ceux qui sont moins avancés en conservant de l'intimité pour les résultats de chacun : accessibles mais pas affichés au vu et au su de tous si les enfants ne le souhaitent pas.

 

5 - Des chiffres (1, 2, 3, 4), à la place des lettres

Au lieu des A-B-C-D et variantes, des chiffres plus manipulables dans les tableaux excels pour avoir des données globales sur des compétences massivement échouées ou réussies au sein d'une classe, d'un cycle, ou pour un élève peuvent motiver à traduire en chiffres. A déterminer si c'est avoir des 1 (comme être n°1) qui est le gage de plus grande réussite, ou des 4 (donc de plus grands scores) ! Dans un cas comme dans l'autre, les enfants comparent et se réapproprient pour savoir s'ils·elles sont "bons" ou pas, car avec tous ces chiffres, difficiles de savoir s'ils ont "bien travaillé" ou pas !

 

Il se cache quoi derrière tout ça ?

Finalement, ce n'est pas le design du codage qui compte le plus. Il se doit d'être gérable et un outil de communication efficace entre les enfants et l'enseignant·e, et également les parents et autres acteurs de la communauté éducative (RASED, CMP,...). Le plus dur est bien de créer une échelle progressive de niveaux d'acquisition des notions, qui soit motivante pour les élèves (certains sont en difficultés sur tout à la fois, et ont besoin de sentir qu'ils évoluent grâce à leurs efforts, aussi petits leurs pas soient-ils). Nous avons également besoin que ce codage permette d'établir rapidement le niveau atteint sur chaque item évalué et de pouvoir construire la remédiation adéquate avec chacun de nos élèves.

 

Bien sûr, aucun système n'est parfait ! Chacun a ses limites, et c'est en équipe et avec l'expérience (ou les partages d'expérience !) qu'on peut le façonner au mieux pour chaque acteur concerné. Mais disons que quelques critères fondamentaux vont déterminer leur adéquation et performance. 

 

4 critères à respecter pour un système de notation adapté

- une graduation adéquate et compréhensible des niveaux d'acquisition (3 à 5 codes)

- un codage qui définit à la fois le niveau d'acquisition et la stratégie à mettre en place par la suite (revoir des bases, s'entrainer, maintenir l'effort, entretenir...)

- un rendu global qui permet aux enfants et à leurs parents de se situer au global sur toutes les matières et de savoir où mettre les efforts, 

- une cohérence au sein du/des cycles car les apprentissages se répètent plusieurs fois, les enfants ne repartent pas de zéro, c'est important de le leur signifier d'une manière ou d'une autre pour entretenir leur motivation

 

Et on dit quoi aux parents ?!

Au-delà de ces critères, tout l'enjeu est de traduire les repères anciens, repères des notes par disciplines avec lesquelles les parents d'élèves ont traversé, de façon plus ou moins heureuse, toute leurs scolarité ! Ca demande du temps et de la pédagogie pour (leur faire) comprendre que l'institution nous demande de ne plus raisonner par discipline mais par compétences (grandes ou petites) pour construire un socle solide pour chaque enfant. Les parents ont besoin de comprendre comment adapter leur niveau d'exigence vis-à-vis de leur enfant et donner des objectifs concrets : quel serait l'équivalent d'un 16/20 pour un élève à l'aise, que des A ou A et B ? Comment avec deux erreurs son enfant peut avoir tantôt A et tantôt B ? Tous les référentiels bougent, et c'est un dialogue à instaurer et un apprentissage pour chaque famille qui débarque dans ce système avec son premier enfant !

 

Sara

PE et fondatrice de la Mudita Academy©

 

 

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