Live - Faire classe en multiniveau
Je M'INSCRIS
Je M'INSCRIS

Accompagner les élèves DYS au quotidien : du repérage aux pratiques de classe

Julia
29 juin 2021 16:22
5 mn
Isabelle Ducos-Filippi professeure formatrice portrait

« Derrière un DYS, il y a un élève et, derrière l’élève, il y a un enfant. Accompagner doit s’inscrire dans un projet global sans enfermer dans les difficultés. Il ne faut jamais réduire un élève à son trouble. L’éthique doit être au cœur de nos gestes professionnels. »

 


 

Les troubles DYS ne sont pas une maladie imaginaire mais des troubles neurodéveloppementaux conduisant à une anomalie fonctionnelle de certaines aires cérébrales. Ces troubles impliquent une part génétique : certaines familles sont donc plus touchées et 4 fois plus de garçons que de filles sont impliqués. Ces dysfonctionnements entravent l’acquisition de certaines connaissances (attention, lecture, construction du nombre…) ; il n'y a pas de guérison possible ici, mais une amélioration et des progrès ! Isabelle Ducos-Filippi (@IsafilProfASH sur Twitter) nous explique comment repérer et accompagner les élèves atteints par ces troubles DYS en classe :

  1. Les différents troubles DYS
  2. Des outils pour repérer les troubles DYS
  3. Quelles pratiques dans la classe pour accompagner les élèves DYS au quotidien ?
  4.  Le Replay du Live “Accompagner au quotidien les élèves DYS” avec Isabelle Ducos-Filippi

 

1. Les différents troubles DYS


Il existe plusieurs troubles DYS déjà bien connus :

  • la dyslexie touche l’acquisition et l’automatisation de la lecture ;
  • la dysorthographie est l’incapacité à s’approprier l’orthographe ;
  • la dysphasie est un trouble très invalidant car elle touche le langage oral ;
  • la dyspraxie correspond à problèmes dans l’acquisition de la coordination des gestes et de l’orientation dans l’espace ;
  • la dysgraphie touche l’apprentissage du geste graphique et de la motricité fine ;
  • la dyscalculie concerne l’acquisition du sens du nombre, de la mémorisation et du raisonnement logico-mathématique ;
  • le TDAH (Trouble Déficitaire de l’Attention avec ou sans Hyperactivité) correspond à un trouble des apprentissages et non un trouble du comportement.
     

Ces troubles ne s’expliquent pas par un déficit d’intelligence, par l’environnement social ou une carence éducative. Ces troubles conduisent parfois à une situation de handicap. L’INSERM estime à 8% le nombre d’enfants porteurs de troubles DYS : il n’y a pas de plus en plus d’élèves DYS, mais ils sont de mieux en mieux diagnostiqués.

2. Des outils pour repérer les troubles DYS


Repérer ces troubles chez les élèves fait partie des gestes professionnels à développer pour le dépistage, le diagnostic voire le suivi par un professionnel. Les signes d’alerte repérés par des grilles d’observation permettent de suivre objectivement l’intensité et la fréquence des signaux.
L’anamnèse familiale, c’est-à-dire le récit par la famille de l’histoire de l’enfant, permet de suivre l’évolution et le vécu des troubles : généralement les troubles DYS ne surviennent pas brusquement à 14 ans, il y a des signes précurseurs.

L’usage de différents outils permet de cibler et de repérer plus précisément certains troubles DYS. De plus, ces outils sont un excellent moyen de communication avec la famille car ils fournissent des données objectives qui rassurent les parents et permettent de sortir de l’affectif :

  • le R.O.C. (Répertoire Orthographique Collectif) : pour le repérage de la dyslexie dans un contexte collectif ;
     
  • le test de Conners : pour le repérage du TDAH (test parent, test enfant et test enseignant) ;
     
  • L'outil proposé par Identidys : pour le repérage des troubles neurodéveloppementaux impactant les apprentissages et le quotidien dans 5 domaines (attention, hyperactivité, impulsivité, langage oral, langage écrit, motricité, repérage spatial, fonctionnement exécutif).


3. Quelles pratiques dans la classe pour accompagner les élèves DYS au quotidien ?
 

La différenciation, c’est répondre à des élèves différents par des aides spécifiques ; ce n’est pas la personnalisation ni un dispositif massé sur une heure de cours. Différencier peut consister dans la mise en place de micro-stratégies pour compenser les troubles DYS : paravent pour s’isoler du reste du groupe, coin de retour au calme, travail de groupe adapté, table haute et tabouret “anti gigote”, thamographe, timer… Vous trouverez des idées intéressantes pour aménager le coin bureau pour les enfants porteurs de TDAH ici.

Évitez la différenciation systématique qui enferme l’élève dans son trouble et choisissez 4 ou 5 adaptations pour s’y tenir dans le temps plutôt que de vouloir tout faire, se noyer et arrêter rapidement. Vous pouvez également discuter avec vos élèves DYS qui savent souvent assez bien ce qui leur convient, qui sont conscients de leurs difficultés. Par exemple, rédiger le PAP (Plan d’Accompagnement Personnalisé) avec l’élève permet de l’impliquer fortement.

 

Il s'agit de concevoir la pédagogie comme un cadre global facilitant avec des rampes cognitives et affectives qui rendent les apprentissages accessibles à tous en essayant de lever le plus d’obstacles possibles. Les éléments de mise en place d’une pédagogie universelle :

  • une bienveillance active utile à tous et particulièrement utile aux élèves DYS ;
  • un cadre sécurisé au niveau matériel, affectif, cognitif ;
  • une communication non violente ;
  • des postures non figées ;
  • des pratiques explicites de mémorisation et d’attention.

 

  • La conception des supports en classe : 3 indispensables
  1. Vigilance sur la double tâche car il n’y a pas d’automatisation des tâches procédurales chez les élèves DYS ;
  2. Anticipation des difficultés lors de la conception des séances/séquences par une bonne connaissance du fonctionnement de nos élèves ;
  3. Clarté pédagogique par une bonne préparation des séances, les attendus, les objectifs, le déroulement, les supports clairs, sans distracteur…

 

La sensibilisation devrait se faire au niveau de l’établissement qui développe une politique véritablement inclusive. Pour impliquer le groupe, on peut expliquer les troubles, les différences via des cafés philo, des débats selon l’âge des élèves, des expositions, des films, des réalisations à montrer, des partages d’expérience si les élèves le souhaitent…

Concernant la relation avec les familles des élèves DYS, le diagnostic peut être vécu comme rassurant mais aussi très angoissant et violent. Pas de catastrophisme, restez factuel, positif et gardez en tête l’intérêt de l’enfant. En attendant le diagnostic posé par un professionnel, donnez des coups de pouce dans la classe, étayez au maximum et mettez en place des adaptations plus importantes quand le diagnostic est là et qu’il permet de savoir précisément comment aider au mieux l’élève.

Vous pouvez retrouver l'ouvrage d'Isabelle Ducos-Filippi "Accompagner les élèves Dys, c'est possible !" aux éditions ESF où elle répond à toutes les questions que l'on peut se poser et propose des outils et adaptations pédagogiques réalistes pour chaque type de difficulté (lecture, écriture, chiffre, oralité…), des pistes de réflexion pour l’évaluation, des aides à la mémorisation…
 

4. Le Replay du Live “Accompagner au quotidien les élèves DYS” avec Isabelle Ducos-Filippi

:

205 profs ont trouvé ce contenu utile

PARTAGER

Commentaires

Aucun commentaire n'a encore été publié.

Vous devez être connecté-e pour publier un commentaire.

Me connecter pour réagir

utile

Des articles pratiques et concrets !


pertinent

Un contenu sélectionné par des enseignants


éclairé

Une aide dans le quotidien des enseignants


adapté

Des contenus adaptés à votre profil