La rentrée : ses signes avant-coureurs qui ne trompent pas...
Ne nous cachons plus davantage, elle approche. Nous le savons. Vous le savez. Mais il y a parmi vous ceux qui refusent cet état de fait, et se terrent encore dans une inconscience vacancière qui fait bonheur (ou peine selon les cas) à voir.
Dans un élan de réveil de conscience, Z a donc décidé de montrer à la face du monde comment interpréter des petits riens qui disent beaucoup. Et tout comme la fine brise annonce le tsunami.
Vous allez prendre la vague dans la gueule.
Les signes du corps
Car il y a bien une petite musique corporelle qui ne trompe pas. Et il convient juste de s’observer pour voir que tout notre système organique est en pré-cognition de ce qui va arriver, comme les oiseaux fuyant la plage à l’arrivée d’un ouragan (ça marchait aussi avec le tsunami de tout à l’heure).
Tout d’abord, notre cerveau. Eh ouais, tout part de là. Il commence par petites touches. 23H58. 5ème mojito avalé et avant d’aller se coucher, la tête profondément biturée, vous vient soudain des pensées tout à fait incongrues :
"C’est à la majorité ou l’unanimité pour les délégués de classe ?
C’est coef' combien, déjà, les DS ?
Enzo, cette année, je l’ai ou il a enfin quitté le bahut ?"
Et là, stupeur. Tremblements juste après, mais pas mode delirium tremens, hélas. Vous espériez juste choper un énième coma éthylique et vous voilà projeté dans un tourbillon professionnel. Un réveil pédagogique entre deux rots et trois remontées acides.
Et là, forcément, c’est la boule de neige, l’avalanche organique. Quelques jours plus tard, c’est votre estomac qui vous rappelle qu’on n’a pas UNIQUEMENT de diarrhée explosive après un tacos périmé. Votre cœur s’emballe pour rien, vous frissonnez alors que la température extérieure fait crisper les climato sceptiques. Les genoux flageolent.
Voilà. Vous l’avez compris. C’est bientôt la rentrée. Début des nuits blanches. Mais à l’eau du robinet.
Les signes sociétaux
Car autour de vous, la société contemporaine s’organise et vous, vous pensiez vraiment que vous alliez rester à quai de ce cataclysme ?
Les grandes surfaces ? Ca fait quelques jours que vous voyez bien que les chipos perdent du terrain… La dernière fois, vous avez cherché pendant plus d’une minute un frisbee pour votre fidèle toutou et vous vous êtes soudain perdu dans un territoire hostile, un no man's pédagogique land que vous aviez complètement ôté de votre mémoire, en bon négationniste estival.
Crayon à papier, trousse Naruto, CLASSEUR GRAND FORMAT.
Ici. Là. Partout. Vous vous sentez assailli. La chipo est en berne et devinez quoi ???
Y'a même des déguisements pour Halloween.
Idem pour les médias, qui s’intéressent déjà à ce que va faire le petit Eliot dans quelques semaines, alors qu’il a fait un château de sable de dingue. De la maltraitance psychologique et personne ne dit rien. Et la prime de rentrée scolaire qui va faire tant plaisir aux éditeurs de jeux vidéos ? ON EN PARLE.
La société avance et se propulse en septembre. C’est bientôt la rentrée.
Les signes inamicaux
Car mis à part si vous vivez dans une grotte, ou mieux encore, si vous savez mettre votre téléphone en mode avion, vous avez sans doute reçu des notifications désagréables de gens qui veulent vraisemblablement vous gâcher le peu de jours qu’il vous reste À VIVRE (avant de juste SURvivre), du genre :
- Mail de votre directeur qui vous envoie votre EDT le 15 août. Le jour de l'Assomption. La laïcité n’a donc aucun répit.
- Message de votre boulet. DE VOTRE COLLÈGUE. Vous proposant de réfléchir ensemble aux cours de coanimation. Comme si vous alliez réfléchir aux cours avant LE JOUR MÊME dudit cours.
- Publicité avec des promos sur les agendas.
- Mail de la meilleure amie dépressive, qui vous rappelle qu’elle est même dépressive en vacances et qu’elle appréhende la reprise.
- Post photo sur Insta du lycée qui réouvre au personnel administratif (mais pourquoi DIABLE en faire un post, SOUFFREZ, MAIS EN SILENCE).
Sans parler des réseaux sociaux qui préparent le coup de butoir final, en recyclant les mêmes vannes, les mêmes mèmes que l’année dernière. OUI, vous avez toutes et tous en tête le dessin avec la phrase totem : mais tu dois y aller, c’est TOI le prof (malédiction sur 5 générations à l’auteur de ce méfait).
Vous étiez en paréo en train de lire un truc profond comme Musso. Alors qu’elle se préparait déjà. La rentrée…
Les signes langagiers
Car évidemment, ça fait quelques semaines que votre vocabulaire s’est réduit à quelques champs lexicaux opérationnels tels que “apéro, loisirs, barbecue, rando”.
Vous avez même passé des journées entières en prononçant pas un mot de plus de 3 syllabes. Et vous le viviez bien. Et puis là. Tout doucement. Tout prend un autre sens, bien plus dramatique:
- "une séance de cinéma" ;
- "des orages en progression dans le Loiret" ;
- "tu pouvais pas faire attention putain, la lampe était pourtant posée sur son socle !" ;
- "demain, tu as besoin d'un accompagnement"?
Toutes ces phrases sibyllines seront sans doute accompagnées d’insultes diverses. Tant elles réveilleront en vous cet animal, ce Mister Hyde qui sommeillait. Et qui, avouez-le, ne souhaitait pas ressortir.
Mais les mots ne mentent pas. Comme les hanches de Shakira. Pour elle comme pour vous. C’est la rentrée. Voilà donc quelques signes de la fin. Et d’une renaissance. Car au bout du compte... Tout ne sera que joies et bonheurs. Vous le savez.
Encore un petit mojito. Et au lit !
"Faut que tu penses à reprendre un peu le rythme hein, ça va être dur sinon dans quelques jours…. tu peux pas arriver en retard. C’est TOI LE PROF !"
Monsieur Z., prof de lycée pro quelque part en France, dont l'humour sévit sur Facebook et sur Instagram.
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