Aller au contenu principal
Article

Mes 5 conseils pour déléguer (un peu) à l'IA et respirer

Cycle 1 à Lycée4 min
Manon Fouques
Manon FouquesProfesseure de français en collège depuis 2013

La rentrée, pour moi, c’est toujours un mélange d’enthousiasme et de stress. J’arrive pleine d’idées et de bonnes résolutions… puis très vite, mon cerveau ressemble à un onglet de navigateur avec 72 fenêtres ouvertes. C’est là que l’IA m’aide à souffler.

Cela fait longtemps que je discute avec mon IA (oui, on est presque colocataires dans ma tête). Au départ, je lui demandais juste quelques coups de pouce pour mes cours : des phrases pour mes rituels, une trame de cours… 

Puis j’ai commencé à lui déléguer de plus en plus, surtout ce qui me prenait trop de temps ou m’encombrait l’esprit. Résultat : elle est devenue mon alliée pour alléger ma charge mentale, côté pro comme côté perso. Je vous partage ici 5 façons simples et concrètes d’utiliser l’IA pour souffler un peu et retrouver de l’équilibre.

N°1 - Déléguer les tâches répétitives

Côté pro

Chaque rentrée, je me retrouve à inventer des dizaines de phrases pour mes rituels de grammaire. Au bout d’un moment, j’ai l’impression de tourner en rond et je manque d’inspiration ! 

Maintenant, je demande à mon IA de me proposer une série de phrases sur un thème donné (le voyage, l’autobiographie), et surtout, avec des fonctions grammaticales précises. J’ai juste à piocher, ajuster si besoin, et c’est prêt. Je gagne un temps phénoménal et je ne me prends plus la tête pour cela !

Côté perso

Même combat à la maison : les menus de la semaine. Avant, je perdais un temps fou à chercher des idées et à me heurter au fameux “mais moi j’aime pas ça !”. 

Aujourd’hui, je demande à mon IA de composer les repas de la semaine en tenant compte de ce que je n’aime pas, mais aussi de ce que la famille boude systématiquement. En prime, elle me génère directement la liste de courses. Cela fait moins de prise de tête, moins d’oublis, et une vraie économie d’énergie.

essai

  • Ne cherchez pas à tout déléguer d’un coup : commencez par une seule tâche répétitive et voyez le gain de temps.
  • Utilisez des prompts simples, mais précis : plus vous donnez de contexte, plus le résultat colle à vos besoins.
  • N’hésitez pas à demander des variantes : cela permet de choisir la version la plus adaptée (ou la plus sympa).
  • Gardez un petit carnet (ou fichier) des prompts qui fonctionnent bien : vous ne repartez pas de zéro la fois suivante

N°2 - Répondre avec diplomatie sans y laisser mon énergie

Côté pro

Répondre aux parents, ce n’est pas toujours de tout repos. Entre ceux qui s’inquiètent, ceux qui contestent, et ceux qui envoient des pavés à 22h, j’avais tendance à perdre beaucoup de temps… et parfois de patience. 

Désormais, je rédige l’essentiel de ce que je veux dire, je demande à mon IA d’en faire une version claire et diplomate, et je relis avant d’envoyer. Ça m’évite de tourner mes phrases dix fois pour trouver le bon ton.

Côté perso

Même galère côté vie privée : les mails de réclamation ou les échanges administratifs. J’ai toujours peur d’être trop sèche, ou au contraire trop gentille. Maintenant,

 je confie à mon IA le soin de mettre les formes : je dicte l’idée brute (“je veux qu’ils me remboursent, mais sans les agresser”), et elle me propose un texte courtois et efficace. Gain de temps + sérénité assurés.

mes conseils

  • Utilisez l’IA comme un traducteur d’intentions : vous lui donnez l’émotion ou l’objectif, elle se charge de la forme.
  • Créez une petite bibliothèque de réponses types (absences, relances, réclamations) pour ne jamais recommencer à zéro.
  • N’hésitez pas à comparer votre texte et celui de l’IA : ça aide à progresser dans votre propre style d’écriture.

N°3  - Fermer quelques onglets dans ma tête

Côté pro

Parfois, mon cerveau ressemble à mon navigateur internet : une dizaine d’onglets ouverts en même temps, entre “préparer la séquence sur Maupassant”, “penser à imprimer les dictées”, “répondre au mail du CPE”, “remplir le MoPPS ". Résultat : je commence tout, je finis rien, et ma charge mentale explose. 

Alors je me suis mise à utiliser mon IA comme un tableau blanc : je déverse tout ce qui m’occupe l’esprit, et elle m’aide à organiser par ordre de priorité. Ça m’évite de garder 1000 choses en suspens dans ma tête.

Côté perso

À la maison, c’est pareil : penser à prendre rendez-vous chez le dentiste, prévoir l’anniversaire, organiser les vacances… Tout se bouscule et je finis par oublier l’essentiel.

mes conseils

  • Faites de l’IA votre “boîte à idées externe” : elle stocke tout ce que vous ne voulez pas garder en tête.
  • Pensez à l’utiliser aussi pour des projets créatifs (voyages, événements) : elle génère des trames et évite les oublis.
  • Relisez vos listes quand vous avez 5 minutes (au lieu de scroller) : ça recentre.
  • Acceptez que tout ne soit pas urgent : l’IA peut vous rappeler que certaines choses peuvent attendre.

N°4  - Anticiper pour respirer

Côté pro

J’ai longtemps fonctionné “au jour le jour” pour mes cours : préparer la dictée de demain, improviser le plan de la semaine… Résultat : j’étais toujours dans le stress du dernier moment. 

Aujourd’hui, j’utilise l’IA pour créer des trames globales : une progression annuelle, une série de rituels déjà prêts, des canevas de mails aux parents. 

Ensuite, je pioche dedans quand j’en ai besoin. C’est un peu comme si j’avais une réserve d’air toujours prête à l’avance. Et lorsque j’ai un gros projet, l’IA m’aide à faire un rétroplanning afin d’avancer tranquillement et de ne pas me sentir en surcharge.

Côté perso

Pareil à la maison : les fêtes de famille ou les vacances m’arrivaient dessus comme une licorne au triple galop. Depuis que je demande à l’IA d’organiser les étapes en rétroplanning (cadeaux, valises, vacances), je n’ai plus cette impression d’urgence. Je n’ai pas tout à gérer en même temps : les choses sont espacées et je respire mieux.

mes conseils

  • Demandez à l’IA des rétroplannings avec jalons : pratique pour les projets longs (voyages scolaires, vacances).
  • Utilisez l’IA pour simuler des scénarios : “Si je veux que ce projet soit prêt fin novembre, à quoi dois-je penser dès septembre ?” : ça évite les mauvaises surprises.
  • Indiquez vos contraintes personnelles : pas dispo le mercredi, budget limité, pas de déplacements longs… Ça évite d’avoir des suggestions irréalistes.
  • Ajoutez la dimension rappel / suivi : demander à l’IA de reformuler le plan en liste hebdo ou en checklist claire, pour ne pas avoir juste un bloc de texte.

N°5 - Me faire coacher

Côté pro

Quand je sens que je cours partout sans savoir où donner de la tête, je demande à mon IA de jouer les coachs : “Pose-moi les bonnes questions pour prioriser ma semaine.” Elle me renvoie des questions simples mais puissantes, du style : “Quelle tâche aura le plus d’impact pour tes élèves ?” ou “Qu’est-ce qui peut attendre sans conséquence ?”. 

Ça m’aide à remettre les choses à leur juste place. Elle m’aide aussi à relativiser, à prendre du recul sur les situations qui me pèsent : un conflit avec un élève, une famille ou un collègue devient plus gérable quand je le regarde à travers les questions que l’IA me propose.

Côté perso

Dans ma vie privée aussi, ce rôle de coach est précieux. Quand je rumine sur une situation ou que je doute d’une décision, je demande à l’IA de me guider comme un journal interactif : elle m’invite à réfléchir autrement, à envisager des solutions que je n’avais pas vues, ou tout simplement à lâcher prise.

Dans ma vie privée aussi, ce rôle de coach est précieux. Quand je tourne en rond avec mes pensées, je demande à mon IA de m’accompagner. Par exemple, l’autre jour, je n’arrivais pas à organiser mes priorités entre le travail, un rendez-vous médical à prendre et la préparation d’un repas de famille. 

Je lui ai demandé de me questionner comme un coach, et ses relances m’ont permis de clarifier ce qui devait être fait tout de suite et ce qui pouvait attendre. D’autres fois, je l’utilise comme un journal de bord : je lui confie ce qui m’inquiète, et elle m’aide à transformer ça en pistes concrètes ou en perspectives plus légères.

mes conseils

  • Ne demandez pas seulement des réponses : demandez à l’IA de poser des questions (c’est là que la magie opère).
  • Utilisez-la comme un miroir : “Aide-moi à réfléchir à…”, “Fais-moi un bilan de ma semaine avec points forts / à améliorer.”
  • Essayez le format “dialogue” : alternez vos réponses avec ses questions, comme dans une vraie séance de coaching.
  • Relisez vos échanges : ça fait émerger vos propres solutions, pas juste celles de l’IA.

Utiliser l’IA au quotidien, ce n’est pas tricher ni renoncer : c’est accepter de déléguer une partie du poids pour garder de l’énergie là où ça compte vraiment. Bref, apprendre à vivre avec une colocataire numérique… qui ne laisse jamais traîner ses chaussettes !

remarques

Un petit mot d’écologie : l’IA n’est pas neutre pour la planète. Son usage consomme beaucoup d’énergie et d’eau (les data centers représentent déjà plus de 1 % de l’électricité mondiale). Alors, utilisons-la comme pour nos photocopies : avec pertinence et sans gaspillage.

 

L’IA est un vrai soutien pour alléger la charge mentale… à condition de rester aux commandes. Les propositions sont parfois à affiner, à corriger, ou tout simplement à rejeter. L’important, c’est de voir l’IA comme une alliée, pas comme une baguette magique : elle ouvre des possibles, mais c’est toujours vous qui gardez la main.

 

Manon Fouques, professeure de français au collège depuis 2012, référente inclusion et passionnée de ludopédagogie

S'approprier le programme de l'année avec l'IA

Fiche outil

Cycle 3 à Lycée

Utiliser un agent d’IA générative pourra t’aider à trouver des balises te permettant de t’orienter facilement : identifier les incontournables, construire un sens qui te parle, organiser ton contenu, …