mon astuce
Créer un tableau pour définir les classes où des élèves peuvent être accueillis selon les disponibilités de chacun. Garder à l'esprit qu'on confie son élève à un ou une collègue sur un temps court et muni d'un travail à effectuer.
En hiver, je suis souvent au ralenti… J'ai tendance à m’isoler, à manquer de motivation. J’ai compris que je n’étais pas la seule dans ce cas. Avec la pression des livrets, les RDV parents, tout s'enchaîne et nous sommes tous épuisés.
Travailler en équipe, ce n’est pas être ami avec tout le monde, ce n’est pas d'aller boire des verres ensemble tous les soirs. Être une équipe, c’est savoir que les autres sont là, qu’ils nous épaulent et que si on commence à flancher, on peut compter sur eux. L’école, c’est un microcosme, on fonctionne ensemble, on est dans le même bateau.
Le midi, j’aime rester dans ma classe et m’isoler un peu. On m’a demandé si je ne m’entendais pas avec mes collègues, pourquoi je n’étais pas si souvent avec eux. Justement, comme je m’entends bien avec eux, ils savent et respectent le fait que j’ai besoin de ce calme sur la pause méridienne.
Je vais donc vous raconter comment on peut faire équipe, nouer des liens, mettre en place des projets communs durant cette période hivernale !
On a tous des moments où c’est simplement trop. Ici, on revient à l’idée de faire équipe. Sauf de rares exceptions, on est rarement seul dans une école. Quand la pression devient trop, qu’on va à l’école avec la boule au ventre, qu’on se dit que là, ça ne peut plus durer, on s’appuie sur les collègues.
Il faut définir en réunion ce qui est possible de faire dans ces cas. L’idée va être de proposer des solutions en cas de crise, sans que cela devienne abusif ou que ce soit énergivore. On peut lister les cas rencontrés qui ont été “trop” pour nous, et définir comment proposer des solutions.
Par exemple, à un moment de la semaine, je n’ai que la moitié de mes élèves. Mes collègues savent qu’à ce moment j’ai de la place pour accueillir des élèves perturbateurs.
La présence d’un autre adulte peut être une solution. Cela va permettre de s’en tenir au factuel et de ne pas interpréter des paroles. La présence d’un collègue montre au parent qu’on le prend au sérieux, mais aussi nous protège. Le parent un peu virulent le sera moins en présence d’un “témoin”.
Quand il nous fait sortir de nos gonds, on arrête. C’est un travail très compliqué, mais on y arrive peu à peu. Quand un élève devient “trop”, je lui dis calmement de se lever et d’aller dans la classe d’à côté. Le fait de ne pas le dire en s’énervant va être le plus compliqué, je le sais. C’est un travail, sur soi, pas sur les élèves.
Il va être très compliqué de se positionner de manière neutre, et c’est normal. On peut demander à un collègue de se charger de la récolte des informations. Ainsi, on délègue ce moment compliqué et on se retrouve uniquement avec le factuel.
Cette aide de délégation, de lâcher prise fonctionne quand elle va dans les deux sens. Quand on repère un collègue en difficulté, on peut simplement lui proposer de prendre ses élèves perturbateurs pendant une heure par exemple. Quand cela arrive, je ne demande pas forcément ce qu’il se passe, mais je propose de l’aide. On est une équipe !
En début de carrière, quand il m’arrivait quelque chose de difficile en classe, je ne laissais rien paraître. Je ne voulais pas que mes collègues me trouvent nulle, je ne voulais pas devenir “celle qui ne gère pas”. En cas de souci, je cherchais les solutions dans mon coin, sur des blogs ou sur les réseaux.
Aujourd’hui, je n’hésite plus à échanger et à demander de l’aide à mes collègues. J’ai compris que tout le monde a des moments durs. On est dans le même bateau. Par exemple en ce moment, où c’est la période des bulletins de classe à l’école. On est tous à cran, tous stressés par les deadlines.
Quand on est dans ce cas de figure, ce qui est important, c’est de ne pas ajouter de l’isolement. Seul, on va pouvoir se mettre encore plus de pression, ruminer, se dévaloriser. Alors, je peux demander à mes collègues où ils en sont, s’ils ressentent la même chose que moi.
On peut se retrouver pour travailler ensemble, que ce soit en présentiel ou en distanciel. Le fait d’être avec un ou des collègues va apporter une forme de soutien et de motivation pour y arriver, ensemble. On va pouvoir échanger, partager nos doutes, fêter nos petites réussites, s’encourager. Ça peut paraître peu, mais en réalité, ces échanges aident beaucoup.
La plupart du temps, quand j’ai des tonnes de corrections à faire, des mails par centaines (j’exagère un peu, oui, bon…), je prends mes affaires et je vais dans la classe d’un ou une collègue.
Pendant un moment, on travaille chacun de son côté. Mais ensemble. Et ça, ça change tout. Savoir que si on a besoin d’aide pour une formulation de correction, d’échanger sur un exercice ou simplement de râler en corrigeant, quelqu’un est là, immédiatement.
Dans mon école, on a à cœur que nos élèves coopèrent. La coopération fait partie de nos valeurs. En arrivant, ça peut paraître un peu déroutant de travailler avec ses collègues, de faire des projets ensemble. Surtout, ça peut donner une impression un peu idyllique de l’école.
Si on conseille aux enfants de travailler en équipe, en groupe, d’échanger, de dire que l’erreur n’est pas un échec, il est aussi important de leur en donner l’exemple.
C’est un super point pour commencer le travail en groupe. Choisir un thème, ce n’est pas s’enfermer dedans. Je le vois plus comme un fil rouge auquel se raccrocher quand on commence à couler. Savoir que les collègues ont le même thème va permettre de pouvoir échanger sur le sujet. Les classes vont pouvoir avoir des rituels communs par exemple, comme des instants lecture, de la musique, du sport.
On peut également poser des projets bien plus ponctuels. Il y a quelques mois, j’avais en projet de faire de la pâtisserie avec mes élèves. J’ai proposé une journée pâtisserie à mes collègues pour que l’on passe du temps ensemble et pour avoir une charge moins lourde à porter que si j’avais été seule.
Pourquoi ne pas faire une sortie au cinéma du coin pour aller voir un documentaire, aller se promener en ville, sortir observer la nature dans un parc, aller au marché ! On trouvera toujours quelqu’un pour nous accompagner. Les sorties, ça peut être un peu stressant, mais quand on sait que tout ne repose pas sur nos épaules, ça devient un vrai plaisir.
J’étais terrorisée par les échanges de service au début. Savoir que quelqu’un d’autre va enseigner dans ma classe avec mes élèves, pendant que j’irai dans une autre classe avec d’autres élèves… brrrr, impensable !
Sauf que. Ce qui me semble pire que l’échange de service, c’est enseigner une matière qui ne me parle pas. En commençant mes préparations, je me rends compte que la géographie ne me passionne pas. Je me trouve ennuyante, ça ne me parle pas, bref j’y vais à reculons…
J’avoue… Je n’ai pas enseigné la géographie depuis 4 ans !
Alors qu’en faisant un échange, quelqu’un de plus compétent sera devant mes élèves pendant que j’irai enseigner quelque chose qui me plait à d’autres élèves.
Une force, ça peut être une matière avec laquelle on est vraiment à l’aise, qu’on prend plaisir à enseigner, une méthode que l’on maîtrise, où l’on observe que nos élèves accrochent et comprennent les notions abordées. L’idée est d’alléger notre charge, pas de nous ajouter de l’inconfort.
Il faut définir :
À la deuxième séance, tout doit être mis en place. C’est pourquoi, il faudra en amont travailler en équipe : qui sont les élèves, est-ce que certains ont des aménagements, est-ce qu’il y a des prises en charge pendant le créneau, à quoi dois-je faire attention ? Tant de questions qui vous permettront de ne pas être déstabilisé au moment de commencer l’enseignement.
Je tiens à nouveau à préciser que tout cela ne se fait pas du jour au lendemain. On a mis du temps à arriver à cela avec mes collègues. On arrive aujourd’hui à fonctionner en groupe, sans pour autant être amis.
C’est ça l’équipe, vivre ensemble sans s’imposer de l’amitié ou du personnel. Quand on s’appuie sur les autres, les autres s’appuient sur nous à leur tour, et la fraîcheur de l’extérieur laisse place à la chaleur dans le cœur.
Marion Blanc-Catherinet, prof en CM depuis 2020, team projets fous & inclusion totale
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