Monsieur Z - Mais qui sont ces élèves amoureux de la Saint-Valentin ?
On n'y échappera pas. Cette année encore, la Saint Valentin tombe un 14 février et nous, paisibles profs, sommes impactés par les flèches de Cucupidon.
Victimes collatérales d’une passion souvent dévastatrice pour nos séquences, nous devons gérer des élèves amoureux, pour le meilleur et surtout pour le pire.
Mais qui sont-ils, ces amoureux de la vie ?
Le Roméo tragique…
Vous le voyez adossé au mur, le regard dans le vide, le cheveu gras (pas le temps de se laver quand on est tragique) en train de psalmodier les récits des Labdacides.
Il soupire toutes les 90 secondes avant de poster une story avec une photo floue, généralement de dos ou face à un arbre mort. Inutile de lui parler d’un DM non rendu, de toute manière, la vie c’est de la crotte.
Phrase fétiche :
“De toute façon, personne ne me comprend, laissez moi dans ma sous-spleen."
Le loveur professionnel
Déjà en couple depuis 3 jours, mais avec 3 doss différents. "Une femme dans chaque porc” pour ce marin d’eau putride qui confond relation avec collection de canettes vides.
Il offre des roses en plastique, des colliers douteux et des mots doux d’une profondeur digne d’une carte Auchan.
En classe, il ne fait rien, car il doit gérer ses 30 mythos et quand vous l’appelez il répond pas cause ses douze identités différentes. A toujours du baume à lèvre saveur fruits de la passion et vous l’avez plus vu galocher que faire des phrases en français.
Phrase fétiche :
“On s’aime pour la vie.”
… La “vie”, en général, dure jusqu’à l’heure d’après en demi-groupe.
Le ou la cynique anti-Saint-Valentin
Celle ou celui qui déclare haut et fort :
“La Saint-Valentin, c’est une fête commerciale.”
Alors que vous étiez juste en train de faire l’appel.
Il ou elle va donc en parler avant, pendant et après avec toute un argumentaire, jugeant et méprisant tout ce qui se trame autour…
Tout en espérant secrètement recevoir ne serait-ce qu'un carré de chocolat ou la moitié d’un poème. Allez, au moins un vers.
Phrase fétiche :
“Vous avez pas l’impression d’être manipulés par une société capitaliste là ?!”
L'innocent(e) traumatisé(e)
N’avait rien demandé, mais se retrouve comblé de cadeaux à partir du 8 janvier. Cœurs en papier. Regards insistants dans les couloirs.
Vous demandera de sortir plusieurs fois durant votre cours pour vider la mémoire de son portable, car les vidéos de danse lascive, ça prend pas mal de gigas.
On retrouve des photos de sa personne sur tous les écrans de smartphone, dont la moitié générées par IA.
Phrase fétiche :
Aucune. Même sa voix est enregistrée.
La ventouse buccale
Toujours collé(e) à son/sa partenaire comme une huître sur un rocher en pleine marée basse ou noire. Vous ne le voyez jamais de face en dehors de votre classe, mais toujours sur le téco.
Dans les escaliers, il occupe toute la largeur, et ne semble pas se soucier que vous souhaitez passer. Parle de mariage, de concubinage et en classe, c’est mains sous la table, yeux de poisson mort amoureux.
Vous êtes comme devant un téléfilm Amazon Prime, ceux tournés dans les pays de l’Est.
Phrase fétiche:
“ Je peux récupérer la copie de ma femme/mon gars ?”.
Alors qu’il/elle a encore eu 2.
Le jaloux ou la jalouse pathologique
Passe la journée à surveiller le/la partenaire, les conversations, les photos reçues, l’air inspiré et expiré. Chaque regard ou inspiration peut être une preuve d’adultère.
En classe, il/elle a déjà fait un plan : rien à moins de 2 mètres. Peut provoquer baston, tension ou moment de malaise quand il/elle demande qui est Tata Gisèle. Au cas où ça soit PAS TATA GISÈLE.
Phrase fétiche :
“Pourquoi tu lui as parlé comme ça ?”
Spoiler : parce que c’est un être humain. C’est le prof de maths.
Le couple explosif
Ils s’aiment… en hurlant. Passent de câlins brûlants en pleine de séance d’EPS à des engueulades publiques à midi à la cantine devant le bol de frites.
16h : réconciliation théâtrale devant vous et votre évaluation sur la Révolution française.
Moments gênants lors de la demande des voeux lors du conseil de classe du premier trimestre (ce sont les deux délégués de classe).
Mais dispute quelques secondes plus tard pour un avertissement d’assiduité. On ne les appelle plus par leur prénom, mais par ceux de Scène de ménage.
Phrase fétiche :
“On vous invitera à notre mariage !”.
Plutôt me faire écraser par un banc de soles.
Courage. L’année prochaine, ça sera peut être désuet. Comptez-y !
Monsieur Z., prof de lycée pro quelque part en France, dont l'humour sévit sur Facebook et sur Instagram.
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