Imaginez, pouvoir combiner plusieurs matières ensemble...
Imaginez, vivre l’anglais au quotidien, trouver des astuces pour le rendre vivant…
Le tout sans s’épuiser, sans ajouter de la charge mentale. Ici, je vous propose quelques pistes pour rendre l’anglais vivant et plaisant, tant pour les adultes que pour les élèves. Ces idées sont prévues pour le cycle 3, mais adaptables en cycle 2 !
Idée n°1 - Profiter des temps de rituels
Faire des rituels le matin, c’est vraiment la base de mon enseignement. Quand les élèves arrivent en classe, tout est écrit au tableau, ils savent ce qu’ils ont à faire. Ils ont 20 minutes en autonomie, ou peuvent les faire en binôme s’ils le souhaitent.
Après les calculs et la grammaire, ils ont deux rituels en anglais : un problème de mathématiques et une devinette.
Le fait de ritualiser l’anglais le matin va créer un cadre rassurant : ils savent à quoi s’attendre en arrivant, ils ne sont pas surpris. La répétition des exercices est apaisante, ils sont de plus en plus à l’aise avec le changement de langue d’apprentissage.
Comment créer ses rituels en anglais ?
Pour le problème de mathématiques en anglais, l’idée va être de leur faire oublier la barrière de la langue. Je commence ce rituel en période 3 en général. On travaille avant les problèmes en français, pour comprendre la résolution de problèmes, les stratégies de résolutions.
Quand je vois qu’ils comprennent l’histoire des problèmes et ce que l’on cherche, je passe en anglais. Les élèves vont se concentrer sur ce qu’il faut chercher. Je leur demande de me raconter l’histoire du problème.
Ce travail permet d’arrêter avec la traduction littérale au mot pour mot, qui n’a guère de sens. On se concentre sur la compréhension globale. Je me mets volontairement devant le tableau où est écrit le problème pour qu’ils n’essaient pas de traduire.
Je divise ce problème en 3 étapes : compréhension de l’histoire, méthode de résolution, résultat. S’ils ont deux points justes sur les trois, c’est gagné. Cette partie se fait en français. On a compris le problème, on explique ce qu’on a produit en anglais, dans la langue française. En faisant ainsi, ils ne se braquent pas sur une langue ou l’autre. Le switch devient plus naturel et plus aisé.
La devinette, c’est le moment de détente qui sonne la fin des rituels !
Très facile à créer, tout comme les problèmes : on se rend sur l'assistant IA d’ÊtrePROF, avec une demande du type “Créer dix devinettes en anglais sur le thème hivernal pour des élèves en cycle 3”.
Je choisis de faire des devinettes sur le thème de l’hiver car c’est un terrain commun, connu de tous. S’ils peuvent avoir une difficulté de traduction, ils pourront tout de même déduire la réponse. C’est très valorisant pour eux.
Ça prend 5 minutes à créer, 5 minutes à préparer en classe… Et les élèves adorent et progressent vraiment. Ils ne sont plus bloqués parce qu’ils ne connaissent pas un mot. En termes de compréhension de l’écrit et de vocabulaire, ils font de réels progrès.

Mes rituels quotidiens de maths en anglais, cycle 3.
Idée n°2 - Chanter, danser et rire en anglais !
Que j’aime quand on met de la musique en classe ! C’est vrai, on se souvient tous de chansons qu’on chantait petit ou ado. Ce sera pareil pour nos élèves. Et si, je leur évitais de chanter en yaourt, comme je l’ai fait si souvent ?
Tout est parti de la coupe du monde de rugby en 2023 (j’enseigne dans une ville de rugby). Nous avons donc décidé d’apprendre “Freed from desire”. Les élèves étaient tellement contents d’en comprendre le sens et de pouvoir la chanter à chaque match en classe et chez eux.
Depuis, on chante une chanson en anglais à chaque période !
Le choix de la chanson va être primordial : elle doit être assez rythmée mais pas trop, les paroles doivent être simples mais intéressantes, la musique doit être moderne sans entrer dans un cliché. Je choisis souvent des groupes comme Imagine Dragons ou Muse.
Idée n°3 - Vivre la culture anglophone, vraiment !
Quand j’ai commencé à enseigner l’anglais, je donnais des listes de vocabulaire, on travaillait la grammaire, on faisait de la traduction. Tout se passait bien, mais on tournait en rond assez rapidement.
En ajoutant la culture anglophone aux apprentissages, les élèves vont découvrir la langue et ses aspects pratiques, pas uniquement théoriques. Les cours sont plus vivants, on peut mêler plusieurs matières à cette manière de faire : la musique, l’art, la science, la géographie.
J’identifie les fêtes que je souhaite célébrer en classe et avec lesquelles je suis à l’aise. Grâce à l'assistant IA d'ÊtrePROF, je crée une liste de vocabulaire et de phrases-types correspondant à cette fête, et je définis une réalisation à produire pour célébrer en classe !
Idée n°4 - Faire un cours par semaine tout en anglais
Le fait d’avoir une matière exclusivement en anglais permet une immersion réelle. Les enfants sont plongés dans l’anglais, ils le vivent vraiment. La meilleure façon d’apprendre une langue est d’être totalement plongé dedans, à défaut d’enseigner dans un pays anglophone, enseignons en anglais le temps d’une matière !
De cette manière, on dédramatise l’anglais. Ça devient quelque chose de naturel et quotidien. Les enfants n’ont plus peur d’écrire et de s’exprimer dans la langue.
Mon astuce : dédier un cahier aux matières en anglais
Pour que les élèves s’y retrouvent, j’ai décidé de dédier un cahier aux matières étudiées dans cette langue. Ils ont donc un cahier trio pour la science, l’histoire de l’art et les notes que l’on prend sur le sport.
Lorsque je passe à une de ces matières, je leur demande de sortir ce cahier, même si on n’écrit pas dessus, même si on sort de la classe. Pour eux, ça va être le signal pour dire que là, on est en anglais. Si ce cloisonnement n’a pas lieu, ils ont tendance à continuer à parler en français ou à mélanger les deux.
En début d’année, j’explique ce moment de transition, et peu à peu ça se met en place. Le signal du changement peut aussi être une mascotte que l’on sort, un signal sonore, un changement de lieu ou de lumière. J’ai choisi le cahier parce que c’est une manipulation de leur part, ils sortent leur cerveau anglais en quelque sorte.
C’est quelque chose de très imagé mais le cahier est visible, on est en anglais obligatoire (quand on sort de la classe, je prends le mien pour qu’il reste en visu). S’il est rangé, on est en français mais on peut utiliser l’anglais.
Idée n°5 - Voyager (virtuellement !) dans un pays anglophone
Je ne suis pas très à l’aise avec les voyages “longs” de fin d’année. Ça doit être mon côté casanier… Mes élèves le savent très bien, mais pourtant ils ne s’en plaignent pas. Chaque année, je leur offre un petit voyage virtuel dans un pays anglophone !
L’idée : “vivre dans un autre pays” pendant une semaine
Nous avons déjà voyagé à Londres, NY, en Irlande… Cette année, je n’ai pas encore décidé de notre destination. Les élèves sont prévenus à l’avance de cette semaine, mais ils ne savent pas où l’on se rend. Pendant une semaine, on lit beaucoup d’anglais, on parle, on vit l’anglais, sans bouger de notre classe !
L’anglais ce n’est pas toujours une matière facile à apprendre. Beaucoup d'enseignants (j’en fais partie) ont une crainte de s'exprimer dans une langue autre que leur langue natale. En dépassant notre crainte et en enseignant l’anglais autrement, on peut avancer. On peut nous-même débloquer cette crainte et faire beaucoup de choses plaisantes.
L’anglais, ce n’est pas un ennemi, c’est au contraire un allié que l’on peut côtoyer quotidiennement ! En changeant notre manière d’enseigner, sans que cela soit révolutionnaire, sans s’épuiser à la tâche, on peut éviter à nos élèves de devenir des adultes effrayés de parler une autre langue.
L’apprentissage ludique permet d’appréhender beaucoup de notions et de progresser, sans s’en rendre compte.
Marion Blanc-Catherinet, prof en CM depuis 2021, team projets fous & inclusion totale