Tu as des élèves qui ne sont pas motivés et qui ont de grosses difficultés à se mettre au travail ?
Cuisiner et manipuler des notions sans le savoir peut permettre de relancer certains élèves et de leur donner envie d’apprendre ! Au fil du temps, j’ai noté que ces activités apportaient beaucoup à TOUS mes élèves, pas seulement à ceux qui aimaient venir à l’école.
Quand, en fin de semaine, un élève qui n’a jamais rien de positif à dire sur ce qu’il a fait au cours des derniers jours, vous annonce "qu’il a adoré cuisiner, casser des œufs et mélanger avec le fouet", le pari est réussi, la motivation est retrouvée même pour un temps.
Cuisiner avec des élèves permet de développer et de réinvestir de nombreuses notions dans tous les domaines et pour tous les niveaux. En plus d’être une source de motivation, c’est une activité transversale très riche. Enfilez vos tabliers, c’est parti !
N°1 - Les maths : comment les rendre plus concrets ?
Le petit R. me disait souvent que les maths, "ça ne servait à rien". Dénombrer des collections, selon lui, "ce n’était pas vraiment intéressant". Il ne comprenait pas non plus l’intérêt des conversions. Il a fallu trouver des solutions pour qu’il comprenne que ces compétences étaient vraiment utiles dans la vraie vie, notamment en cuisinant !
D’abord, il faut savoir lire les nombres, il y a rarement des pesées en dessous de 100 grammes ou millilitres. C’est donc nécessaire pour pouvoir suivre la recette. L’utilisation de la balance de cuisine est toujours très motivante pour les élèves, certains connaissent l’outil mais d’autres ne l’ont jamais vraiment approché.

Ma séquence pour des CP, dont tu peux t'inspirer !
N°2 - La lecture : lire la recette pour guider ses camarades !
La recette est un genre particulier en lecture comme pour la partie compréhension. Lors d’un projet cuisine, un de mes CP n’avait pas compris qu’il fallait dans un premier temps lire les ingrédients et les dosages avant de se lancer. Heureusement que ses camarades l’ont aidé sinon notre recette aurait été composée de 12 œufs au lieu de 4 !
Avant de se lancer, je vous conseille de faire une séance complète sur la lecture de la recette. Il est possible de faire des exercices pour vérifier la compréhension pour les ingrédients en demandant d’associer un mot et une image par exemple.
Pour les plus grands, il est envisageable de leur faire remettre les étapes dans l’ordre pour aboutir à la recette en observant les mots de liaison (voir visuels ci-dessous).
Une fois cette étape faite, vous pouvez proposer aux élèves de se mettre en groupe, un élève est chargé de lire la première étape à ses camarades qui se mettent en action. On échange les rôles ensuite.



N°3 - Le français : accroître son vocabulaire avec des mots nouveaux !
Travaillant dans un quartier assez populaire, le vocabulaire est un point essentiel à travailler, notamment en cuisine. Ils connaissent quelques fruits et légumes, mais ne sont pas capables de nommer les ustensiles à utiliser ou encore certains ingrédients nécessaires.
Avant de lancer la recette, j’ai pour habitude de faire une séance complète sur le vocabulaire des ingrédients et des ustensiles à l’aide d’imagiers. Nous prenons chaque partie et nous l’illustrons pour être sûrs que chacun ait en tête ce qu’il faut faire.

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N°4 - L'écriture : fabriquer un livre de recettes de classe
Il y a quelques années, toujours avec des CP, j’ai décidé de me lancer dans la création d’un livre de recettes et de tester chaque recette qui a été choisie en collectif par les élèves. C’est un projet que j’ai mené lors de la période 5 pour clôturer l’année et donner à mes élèves un souvenir qu’ils ont pu ramener chez eux et partager avec leurs familles.

N°5 - Découverte du monde : déguster et découvrir des goûts
La dégustation est toujours le moment préféré des élèves après avoir cassé des œufs à l’intérieur du saladier et pas sur la table. Cette année, lors de la Semaine du goût, j’ai proposé à mes élèves de faire des gaufres de carottes. Certains élèves ont immédiatement affirmé ne pas aimer la carotte. Ils ont pourtant fait l’effort de goûter. Et ils étaient surpris du goût et en ont même redemandé !
Cuisiner en classe est un vrai moment de partage et de convivialité. Cela renforce le groupe et permet d’apprendre sans en avoir l’air. À vos fourneaux !
NB : Il est extrêmement important de demander à tous les parents si leurs enfants ont un risque d’allergie alimentaire avant de se lancer !
Élodie Sighele, professeure des écoles depuis 2014