C'est l'heure de la dernière ligne droite : la période 5. Si elle est la plus longue de l’année, elle est aussi la plus intense. Entre la fatigue qui s'installe, l'avalanche de projets, les préparatifs des spectacles et les sorties scolaires, le défi est de taille.
Et au milieu de ce tourbillon festif ? Un programme à boucler et l'inquiétude croissante de ne pas y arriver.
Avec 5 ajustements simples, il est possible d'améliorer le climat dans lequel se dérouleront ces dernières semaines. L'objectif final ? Survivre à cette période avec le sourire, sans finir sur les rotules !
Conseil n°1 : anticiper les festivités 🥳
L’idée, c’est de débuter les préparatifs dès le début de la période 5 pour les intégrer aux séances d’apprentissage prévues dans l’emploi du temps. Rien de mieux, pour s’épuiser, que de tout gérer à la dernière minute en changeant sans arrêt son emploi du temps. C’est d’ailleurs très déstabilisant pour les élèves eux-mêmes.
Chaque école a son fonctionnement, qu’il s’agisse de la fête “des parents” ou de la fête de fin d’année. Prendre connaissance de ces contraintes au plus tôt me permet d’anticiper.
Si la fête de fin d’année impose un spectacle libre : nous ferons une séquence de danse. Les élèves devront inventer la chorégraphie. Si c’est un chant, nous les apprendrons pendant les heures de musique.
Je me lance !
- Au prochain conseil des maîtres, liste les événements et les festivités à venir, ainsi que les préparatifs à planifier.
- Associe chaque “projet” à une discipline et un domaine d’apprentissage. C’est le premier pas pour intégrer les séances dédiées à ta programmation
Conseil n°2 - Repenser sa programmation
Pendant mes premières années, je remplissais ma programmation à ras-bord en me jurant de tenir le rythme pour aller au bout. En vain, évidemment ! Aujourd’hui, j’ai accepté de laisser de l’espace à l’imprévu.
Je rédige ma programmation sur 32 semaines environ. Et pour la période 5, les 6 dernières semaines sont dédiées à des séquences qui représentent un faible enjeu ou ne présentent aucune difficulté majeure : différencier un complément circonstanciel de temps ou de lieu, le plus-que-parfait, etc.
Idéalement, c’est une étape à anticiper pendant l’été pour l’année qui suivra. Mais aujourd’hui, ce conseil peut vous aider à réorganiser votre programmation de la dernière période.
je me lance !
- Prends ta programmation et entoure :
- en vert ce qui essentiel,
- en orange ce qui peut être fait en fin d’année et peu maîtrisé pour l’année prochaine
- en rouge ce qui ne pourra pas être fait, et ce n’est pas grave !
- Il suffit ensuite de remettre dans l’ordre : ce qui est entouré en vert puis en orange. Ce qui est en rouge est reporté à l’année suivante. Ce n’est pas grave : liste-le pour informer le ou la collègue qui prendra la suite.
- Pour savoir ce qui est essentiel, tu peux aller voir tes collègues des niveaux supérieurs et leur demander ce qui, à leur yeux, est vraiment important.
Conseil n°3 : préparer la rentrée d'après en équipe
J’étais en tout début de carrière. En conseil des maîtres, nous devions répartir les classes et les élèves. Quelle surprise ça avait été, pour moi, de découvrir que bien des choses avaient presque été décidées entre collègues, officieusement bien sûr.
Le choc a été violent : impossible pour moi de débattre. Dès l’année suivante, plus alerte, j’ai repéré les signes des tractations entre deux portes. Ca n’a pas changé grand-chose concrètement mais, cette fois-ci, j’étais psychologiquement prête à faire entendre mon point de vue (sans pour autant cesser d’écouter bien sûr).
Plus la fin de l’année approche et plus l’ensemble de l’équipe est fatigué, parfois à bout… Chacun puise dans ses dernières forces et c’est à ce moment-là que surviennent généralement les conseils des maîtres dédiés aux répartitions des classes et des effectifs.
La plupart d’entre nous est en mode “survie”. Et dans cet état, il est naturel que chacun pense à se préserver lui-même avant toute autre chose. Ce n’est donc pas le meilleur moment pour prendre des décisions.
Tu n'as peut-être pas la main sur l’organisation de la fin d’année si tu n'es ni directeur ni directrice. Mais tu peux quand même, en tant que PE, amener le sujet plus tôt dans l’année en expliquant tes motivations.
par exemple...
Au prochain conseil des maîtres, tu peux :
- Vouloir passer ses commandes de classe le plus tôt possible pour éviter d’avoir à le faire en même temps que vos LSU et pour pouvoir les recevoir avant l’été.
- Proposer de fixer les étapes de la préparation de l’année suivante (poser les dates des conseils et préciser quelles décisions seront prises à ce moment-là).
- Mieux, si c’est possible : définir quelques principes de fonctionnement sur lesquels tout le monde est d’accord (moins d’élèves en double-niveau, vigilance au nombre d’AESH / Gevasco par classe, etc.).
je me lance !
Avant d'ouvrir le débat en équipe, prends un temps de réflexion individuelle. En clarifiant ce qui garantit, selon toi, une constitution de classe structurée et transparente, tu pourras aborder la discussion avec des propositions concrètes, alignées sur tes besoins et ceux des élèves.
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Conseil n°4 : accompagner la résolution de conflits
Côté conflits, idéalement, en fin d'année, on a déjà mis en place des outils que les élèves peuvent utiliser en autonomie : messages clairs, médiation par les pairs, conseils d’élèves, etc. Si ce n’est pas le cas, pourquoi ne pas profiter du calme relatif du début de la période 5 pour se lancer ?
Voici une fiche-outil pour tester 2 de ces outils :
Utiliser les messages clairs et la médiation entre pairs
Fiche outilCycle 1 à 3
Par ces activités on vous propose de tisser dans la classe une culture du “parler du conflit”. La tendance naturelle à l’école serait plutôt de ne pas en parler parce que c’est inquiétant, il y aurait…
Il est utile de se rappeler que les conflits seront beaucoup plus faciles à gérer si nous sommes reposés... Mais il faut aussi comprendre que les élèves seront moins souvent en conflit s’ils sont eux-mêmes reposés.
Nous n’avons pas la main sur ce qui se passe à la maison, mais nous pouvons ralentir progressivement le rythme en classe et faire le tri dans votre programmation pour diminuer la pression, comme on l'a vu avant.
Et pour nourrir la bonne ambiance, on peut aussi profiter des enseignements pour proposer des temps conviviaux. Ils nourriront le sentiment d’appartenance des élèves qui auront davantage envie de contribuer à ce climat serein et joyeux.
Il peut s’agir de jeux coopératifs en EPS, de jeux de révisions en mathématiques, d’un escape game, d’une sortie scolaire avec pique-nique, d’une séance d’école dehors, d’un projet artistique, etc. Choisis-en trois à mettre en place pendant cette période. Préfère des séances et événements qui demandent peu de préparation !
Quelques idées dans ces fiches-outils :
3 rituels pour installer une ambiance calme dès le matin
Fiche outilCycle 2 à 3
Les premières minutes donnent le ton : un accueil trop rapide peut générer agitation et stress. Ces 3 rituels courts favorisent le calme, la cohésion et une meilleure disponibilité pour apprendre.
3 jeux coopératifs pour apprendre à bien écouter
Fiche outilCycle 1 à 3
Les principes de l’écoute peuvent paraître simples, mais se placer en écoute active reste difficile. Il faut s’entraîner avant de l’apprendre aux enfants. Nous devons prendre conscience, nous sommes h…
je me lance !
Sors une feuille et un crayon. Note les conflits que tu observes en ce moment dans ta classe. Sur quoi portent-ils ? Quelle est leur origine véritable ? Cible et choisis où tu veux mettre ton énergie pour un maximum d’efficacité.
Conseil n°5 : prendre soin de soi !
Quand je débutais dans le métier, j’avais pour habitude de dire à mes amis que je serais injoignable en mai et en juin. Je ne sortais plus, ne voyais plus personne et ne me consacrais qu’à mon travail. Je finissais stressée, épuisée et particulièrement intolérante au moindre écart de la part de mes élèves. À l’inverse, je n’ai jamais été aussi disponible que lorsque j’ai osé profiter des premières soirées d’été entourée d’amis.
Le prof donne le “la” à sa classe. S’il est crispé, irritable, sous pression ou débordé, il est presque certain que tout le monde passera de très mauvaises journées en classe.
Au contraire, un prof reposé et disponible insuffle une ambiance sereine. Se reposer ne constitue pas un manque de professionnalisme et de sérieux. C’est la condition sans laquelle il est presque impossible de bien finir l’année.
je me lance !
Et si tu regardais en arrière ?
- Rappelle-toi la fin de ton année dernière.
- Note deux choses que tu ne faisais plus.
- Et si ces choses étaient finalement ton carburant pour tenir, en forme et plein·e d'énergie ?
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Ces quelques conseils ne révolutionneront peut-être pas ta fin d’année, mais ils pourraient l’apaise. L’objectif n’est pas de viser la perfection, mais de quitter les murs de l’école avec le sourire et l’envie d’y revenir deux mois plus tard. Pour y parvenir, prenons soin de ce qui compte vraiment : l’humain.
Charlène Schneider, professeure des écoles en élémentaire depuis 2013, prof blogueuse et autrice