Personnaliser vos contenus
Afin de personnaliser votre navigation sur le site en fonction de votre profil. Personnaliser
Personnaliser vos contenus
Afin de personnaliser votre navigation sur le site en fonction de votre profil. Personnaliser
"Oh, lui, il est créatif ! Il a une âme d’artiste…"
Définie dans un inconscient collectif comme une qualité individuelle, la créativité est une compétence qui s’apprend et qui s’entraîne…
Mais comment briser le mythe de la créativité innée ? Comment développer cette compétence à l’école maternelle ? Comment faire prendre conscience à chaque élève de maternelle de son potentiel créatif ?
Pour PISA, la créativité est “la capacité d’un individu à s’engager dans un traitement cognitif pour comprendre et résoudre des problèmes”. Elle se définit comme la capacité à réaliser une production à la fois nouvelle et adaptée au contexte dans lequel il se manifeste. C’est une capacité essentielle, qui favorise la réussite personnelle et le développement sociétal.
Développer la créativité et l’imagination de l’enfant de maternelle, c’est développer l’esprit critique de l’adulte en devenir. Développer la flexibilité cognitive va permettre aux enfants d’être capable de penser de manière créative et de s’adapter aux demandes changeantes. Des compétences qui leur permettront d’utiliser l’imagination et la créativité pour résoudre des problèmes.
Qui n’a jamais dit ou pensé que ses élèves avaient “du mal avec les problèmes” ? Et si l’une des clés était là ? En effet, on associe bien souvent la créativité aux domaines des arts ou de la musique, mais cela se développe au-delà. Elle doit être pensée comme un processus complexe, qui requiert de la rigueur.
Comment développer la créativité de nos élèves en les mettant dans un processus d’apprentissage créatif ? Comment aménager ma classe pour qu’elle soit un espace source de créativité ?
Qui ne s’est jamais retrouvé face à un élève incapable de faire un choix entre le rouge et le bleu ?
Dans ma classe de maternelle, à l’accueil, j’avais mis à disposition des bandes de papier, des petites formes, des crayons et de la colle. Au départ, les élèves étaient un peu timides dans leurs productions.
J’ai réitéré chaque jour, en variant et remplaçant le matériel. Un jour, je constate que V. et M., deux élèves de petite section, se sont installés à cette table de création. Elles sont allées chercher le matériel dont elles avaient besoin. Elles discutaient, échangeaient, agissaient plus ou moins par imitation ou échange d’idées.
En effet, plus on développe l’autonomie des élèves, plus on développe la confiance que l’on a en eux. Par la même occasion, ils développent la confiance qu’ils ont en eux-mêmes. Petit à petit, les élèves pourront prendre des initiatives et être capable de penser de manière créative et de s’adapter à des demandes.
Des exemples de coins en autonomie dans ma classe.
Afin de faire entrer le choix dans votre pédagogie :
Pour mon premier jour dans ma classe de PS/MS, je me couche toujours très tôt et je me prépare à accueillir des pleurs, des chagrins, des angoisses… Je réfléchis à leur proposer des activités qui vont leur donner envie de rester et de revenir à l’école (des exemples ici).
Mettre en place des activités trop cadrées pendant ces premières semaines me semblait toujours difficile. Cette période peut se révéler éprouvante en maternelle. On constate que les enfants ne peuvent pas apprendre s’ils ne se sentent pas en sécurité affective. Lorsque les enfants sont à l’aise, on voit notre environnement de classe se créer : ils se questionnent, ils explorent, ils s’expriment…
Quel bonheur quand on voit le petit C. qui pleure tous les matins prendre une activité et la montrer avec fierté ! Pour pouvoir oser proposer des productions originales et adaptées, il faut sentir qu'on est autorisé à le faire et que la production sera valorisée.
P. très fier de sa construction vient me la montrer. Je l’encourage, le félicite et photographie sa belle tour. On la place sur la table des constructions. Il est ravi. Ses camarades s’empressent de faire pareil et attendent avec impatience de pouvoir avoir chacun leur tour photographiée.
Dans ma classe, je définis un environnement sécurisant par :
Chaque été, c’est le grand ménage dans mon école. On place l’intégralité de mon mobilier au centre de la classe : la créativité s’impose à moi ! Je dois réfléchir et penser ma classe afin de répondre à tous les besoins de mes élèves (des astuces pour (re)penser son plan de classe ici !).
Chaque coin proposé permet aux élèves de développer leur créativité. Je réfléchis aux installations, afin que les élèves puissent se mettre en situation grâce à l’exploration et l’action tout en leur permettant de nouvelles mises en situation.
Mes coins jeux sont changés à chaque période. Je leur mets à disposition suffisamment de matériel afin qu’ils puissent inventer des situations riches. Le coin construction est un espace essentiel pour la créativité avec du matériel varié et porteur (Kapla, petits personnages, divers objets/jouets en bois, Lego) ou bien des éléments de récupération ou des éléments de la nature.
Lorsque des jeunes enfants commencent à s’habituer au matériel et aux espaces, on constate une certaine agitation. Pour cette raison, j’ai pris l’habitude de changer une partie de l’aménagement de ma classe à chaque période.
Différents espaces de ma classe.
Depuis que j’ai ajouté des créneaux dans mon emploi du temps permettant aux élèves de créer, j’ai pu réfléchir à la créativité comme un temps d’apprentissage et le relier aux attendus des programmes. Les élèves ont développé une capacité atentionnelle de plus en plus longue.
Qui dit lâcher prise, dit souvent perte du contrôle du groupe chez beaucoup d’enseignants. Dominique Bucheton décrit cette posture de “lâcher prise”: être en capacité de donner la responsabilité de leur travail aux élèves et de les autoriser à expérimenter les chemins qu’ils choisissent. Cette posture est un gage de confiance que l’on donne à nos petits élèves.
Faire confiance à mes élèves m’a permis de les voir plus impliqués dans leurs activités. Je les ai trouvé plus enjoués. Leur bien-être était palpable. Et si nos élèves vont bien, nous allons bien. Je ressentais un sentiment de plénitude et d’accomplissement à la fin de la journée.
Afin de faire entrer le choix dans votre pédagogie :
Qui n’a pas vécu cette situation où la petite M. aime cette image, parce que le petit R. a dit qu’il la trouvait belle. Le développement de l’esprit critique est mis en avant dans les programmes de l’élémentaire. Mais doit-on attendre qu’un enfant ait 8 ou 9 ans pour lui permettre de donner son avis ?
Stimuler l’esprit critique est une activité à pratiquer quotidiennement. Pour cela, on ne va pas l’enseigner en tant que tel, mais leur proposer des outils, des situations et des temps où ils vont pouvoir réfléchir par eux-mêmes, poser des questions, se poser des questions et explorer activement et librement leur environnement.
On peut commencer par une activité simple : les photos-langage ou le jeu Oratio.
Si votre classe vous ennuie, si vos élèves vous semblent prendre peu d’initiatives, n’hésitez pas à commencer à changer quelques éléments afin de faire entrer la créativité dans votre classe.
Un créativité épanouie est synonyme de bien-être et apporte beaucoup de bienfaits aux plus petits … et aux grands ! N’attendez plus et lancez-vous !
Natacha Cazogier, professeure des écoles depuis 2007 et PEMF
En manque d'idées d'activités ?
Découvrez plus de 200 fiches activités maternelle classées par thème, pour des séances clé en main !
Vous devez être connecté-e pour publier un commentaire.
Des articles pratiques et concrets !
Un contenu sélectionné par des enseignants
Une aide dans le quotidien des enseignants
Des contenus adaptés à votre profil
La communauté enseignante où se partagent pratiques de classe, astuces et conseils concrets !
À Propos
© 2025 Ecolhuma — Tous droits réservés