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Enseigner avec le masque : une occasion de repenser sa pédagogie ?

Guenole
25 septembre 2020 15:42
2 mn

Après avoir posé quelques constats sur l’impact du port du masque pour la voix de l’enseignant, Corinne Loie, chargée de prévention et orthophoniste MGEN, nous en dit plus sur les solutions pour s’adapter aux difficultés inhérentes à cette contrainte afin que ni les apprentissages, ni la voix des enseignants n’en soient affectés.

Alors comment faire pour relever le défi de l’enseignement avec un masque, tout en prenant soin de notre voix ?


Si les masques chirurgicaux sont considérés comme les plus efficaces pour se protéger du virus, ceux en coton sont plus agréables à porter, tiennent moins chaud et permettent de respirer un peu plus aisément. Cependant ils atténuent davantage l’intensité de la voix et gênent également davantage les mouvements articulatoires, surtout s’ils collent trop au visage, impactant davantage l’intelligibilité que les masques chirurgicaux. 

Pour éviter les maux de tête et faciliter la respiration, on peut imbiber les côtés du masque avec une toute petite goutte d’huile essentielle de menthe poivrée diluée dans un peu d’eau. Cela peut aider à la fois à mieux respirer mais aussi à atténuer les migraines. 

Mais il y a aussi quelques bonnes habitudes à prendre. Ainsi, pendant leur journée, les professeurs ne doivent pas hésiter à s’isoler de temps en temps pour enlever le masque et faire des pauses vocales. Ils en profiteront pour s’hydrater. 

En effet les cordes vocales (plis vocaux) sont visqueuses. Elles aiment l’humidité. S’hydrater est une règle de base à respecter impérativement lorsqu’on parle masqué pendant des heures. Cela contribue à atténuer l’effet bouche sèche et à entretenir le taux d’humidité de la zone orale, pharyngée et laryngée. 

Enfin, en classe, le défi consiste à ne pas crier, à rester dans une intensité moyenne à soutenue, sans pousser sur la gorge ou sur le souffle pour faire du son. On privilégiera la respiration nasale qui est possible lorsque le débit de parole est assez lent.

Du côté de l’expression orale, il est indispensable de mettre en place des moyens qui vont faciliter l’intelligibilité du message. 

« Moduler en hauteur et en intensité permet d’augmenter l’intelligibilité des messages et de faire passer plus aisément les intentions du locuteur ».


Tout d’abord, il convient de ralentir le débit de la parole et d’accentuer (mais en souplesse) les mouvements articulatoires des lèvres, de la langue et de la mâchoire inférieure. Ces deux précautions ont un impact positif sur le récepteur. Elles provoquent également un ralentissement dans les reprises inspiratoires, ce qui permet aussi à l’enseignant de se détendre. 

Moduler en hauteur et en intensité permet d’augmenter l’intelligibilité des messages et de faire passer plus aisément les intentions du locuteur. Cela demande d’utiliser sa voix avec souplesse, ce qui provoque de varier les groupes de muscles sollicités. On évite ainsi de saturer toujours les mêmes. 

Enfin, le recours à une communication non verbale, ample et cohérente avec les intentions du locuteur est recommandée. Jouer avec les déplacements, les regards, les positions, les expressions du haut du visage contribuent à rendre un orateur attractif. 

Respirer et aérer suffisamment son poste de travail (30 minutes pour deux heures en moyenne) est indispensable ainsi que d’humidifier l’air s’il est sec. Attention à ne pas s’exposer à des agents irritants susceptibles d’accentuer les difficultés respiratoires ou les allergies. 

Les méthodes pédagogiques inductives permettant à l’enseignant de parler le moins possibles sont plus que jamais recommandées. 

Enfin, le plus grand ami de l’enseignant en cette période est … le micro ! Amplifier sa voix grâce à un dispositif acoustique qui ne gêne pas les déplacements reste l’aide la plus rassurante et la plus opérationnelle. Certains dispositifs donnent d’excellents résultats pour un prix raisonnable. Il faut veiller à ce qu’il soit transportable et esthétique. 

Avec de la pratique, du bon sens et la connaissance de règle d’hygiène de base, le port contraint du masque devrait aider chaque enseignant à grandir dans la connaissance du parleur qu’il est, et le familiariser avec le premier moyen de se prémunir de la fatigue et des pathologies vocales : le recours à l’amplification. 

 

Corinne Loie, ancienne chanteuse lyrique et orthophoniste chargée de prévention MGEN

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Commentaires

  • Fanny — 14 août

    Merci. Cela va m'aider

  • Joseline — 14 octobre

    Effectivement, l'amplificateur de voix soulage beaucoup.

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