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Valoriser la complémentarité des regards : enseignants, ATSEM et parents

Isabelle Cordaillat
22 mars 2022 16:38
5 mn

Ce contenu fait partie du Kit Évaluation

Comme tous les enseignants, j’ai entendu des parents me dire : « On ne comprend pas, à la maison il parle et il sait compter jusqu’à 100 ! » alors que mon constat en classe était tout autre !

Permettre de faire coexister des visions différentes de l'élève : les parents experts de leur enfant, l'enseignant expert du versant élève

Face à ces deux visions différentes du même enfant s’impose très vite l’idée de croiser les regards entre tous ceux qui l’entourent et interagissent avec lui : en premier lieu, les familles et nous.

L’objectif n’est pas de savoir qui détient la vérité mais d'avoir une image plus précise, en mosaïque de qui est cet enfant.

Multiplier les prétextes d'échanges pour installer confiance et complémentarité

Même si elle n'est pas classée en REP, mon école en a tous les critères. Il y a donc une majorité de familles sociologiquement éloignées de l’école. Nous avons donc fait le choix de multiplier les situations permettant de favoriser le dialogue et les échanges avec les familles pour créer de la confiance et leur permettre de comprendre les enjeux de l’école maternelle.

Mais cette démarche peut exister quelque soit la typologie de nos écoles. N’ayons pas peur de faire rentrer les parents dans l’école et pas uniquement lors de la réunion de rentrée de septembre ou de rendez-vous de remise des carnets de réussites. Rien de nous empêche de faire participer les parents aux APC !

L’école maternelle peut être perçue comme un endroit où l’on joue sans autre objectif que de s’occuper. En faisant participer les familles à des ateliers de jeux de société, elles comprendront tout l’enjeu de cette démarche pédagogique… Expliciter la démarche pédagogique, c'est placer notre expertise pédagogique.

En dialoguant avec les familles, nous allons découvrir les particularités culturelles de chacune. Si un enfant ne sait pas nommer les couverts ou mettre la table pour trois peluches, peut-être est-ce tout simplement dû au fait que, chez lui, il n’y a pas de couvert car toute la famille partage un plat commun…

Être à l’écoute des familles, c’est découvrir parfois des situations familiales difficiles qui, nous le savons, influencent le comportement et l’investissement des enfants dans les apprentissages. Comment par exemple être pleinement à sa tâche si papa et maman se disputent ou qu’une petite sœur vient d’agrandir la famille… 

Les enseignants ont tout à gagner à impliquer les parents dans le regard du parcours de leur enfant. En leur demandant d’être attentifs à ce que les enfants deviennent capables de faire, de dire, ils deviennent des partenaires de l’école, des acteurs de la réussite de leur enfant. Chaque regard sur l’enfant est important : nous connaissons l’élève, la famille connaît l’enfant. En discutant ensemble, les points de vue réciproques se complètent au lieu de s’opposer.

Cette manière de les rendre conscients de ce que les enfants doivent apprendre, mais surtout des progrès accomplis, les rassure sur leur rôle de parents.

Les enseignants savent expliciter aux élèves leurs progrès : « Tu as vu, maintenant tu sais compter jusqu’à 5 ! ». Pourquoi ne pas faire de même auprès des familles : « Vous avez remarqué comme maintenant elle tient bien son crayon ? ».

Permettre à nos ATSEM de nous partager leur regard pour compléter le tableau    

Dans cette volonté d’appréhender l’enfant dans sa globalité, il est un acteur majeur qui le connaît aussi bien que l’enseignant c’est l’ATSEM de notre classe.
J’ai la chance d’avoir une ATSEM toute la journée dans ma classe de PS/MS et de travailler avec elle depuis plus de dix ans.

Dans la vision de l’enfant, notre binôme est essentiel et complémentaire. Parce que nos rôles et nos temps sont différents, nous observons des compétences différentes.

Il lui arrive de m’alerter sur le comportement d’un enfant ou d’être témoin de la réussite d’un autre que je n’avais pas vue (en particulier les années où l’effectif de la classe est chargé).

De mon côté, je peux lui demander d’observer telle compétence chez un élève : « Regarde un peu avec quelle main Lila utilise son pinceau. » Régulièrement nous prenons un temps d’échanges pour partager nos points de vue sur la classe. 

Croiser les regards pour évaluer au plus juste

C'est quoi ? Quand Isabelle observe sa classe, elle ne voit pas des élèves mais des enfants avec des connaissances et des vécus. Ils arrivent en classe avec des connaissances et des vécus qui viennent de leur famille. Avec un dialogue basé sur la confiance avec les parents, elle apprend ce qui fait leur vie en dehors de l’école et elle enrichit son regard sur eux.

Isabelle, professeure des écoles et directrice depuis 20 ans, représentante académique AGEEM

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13 profs ont trouvé ce contenu utile

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Commentaires

  • Anne — 19 mars 2022 11:55

    Le contenu ne m'a pas été utile car je fais naturellement ce qui est proposé. J'aime communiquer sur ce que je mène en classe. Faire entrer les parents demande un certain lâcher-prise. Il ne faut pas craindre le jugement des parents (pas volontairement négatif) qui ne saisissent pas forcément la complexité du métier.C'est pourquoi il faut toujours expliciter pour faire découvrir aux parents l'envers du décor !

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