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Et si on faisait classe dehors ? 4 raisons d'enseigner à l'extérieur

Cycle 1 à 35 min
Elodie Leclercq
Elodie LeclercqDirectrice d'une école élémentaire REP depuis 10 ans

Je ne sais pas dans votre école, mais dans la mienne, lorsque les beaux jours arrivent, la cour se retrouve envahie par tout un tas d’activités. Il devient même parfois difficile d’y trouver un petit créneau disponible.

D’abord plébiscitée dans les recommandations du protocole COVID, parce qu’elle permettait de diminuer les risques de contaminations, la classe dehors fait son bonhomme de chemin car ses bénéfices sont nombreux et ne se cantonnent pas au contexte sanitaire.

Certes, nous ne sommes pas tous égaux en termes d’environnement, de disponibilité et d'aménagement des espaces (matériel, cadre alentour), mais avec un peu d’imagination et un soupçon de flexibilité, il est toujours possible de trouver des activités adaptées pour se lancer.

1. Sortir de la classe pour changer d’air

Faire classe dans la cour n’est pas forcément synonyme d’artillerie lourde : on peut simplement aller dehors le temps d’une activité pour jouir d’un rayon de soleil ou d’une belle journée. Et cela suffit déjà pour profiter des nombreux bienfaits du plein air ! 

Dans nos classes, l’air circule mal et la concentration de CO2 a un réel impact sur les capacités cognitives des élèves : manque de concentration, somnolence, maux de tête, etc. Délocaliser la classe à l’extérieur, même sur un temps court, permet de revivifier les esprits et de réduire le stress des petits et des grands ! Et bizarrement, une activité qui n’emballait pas les foules en intérieur, gagne en intérêt à l’extérieur... 

Toutes les situations d’apprentissage ne sont pas taillées pour la cour. Pour une première, il est préférable d’opter pour des séances simples, qui nécessitent peu, voire pas de matériel et adaptées à votre environnement mobilier et sonore : apprendre une poésie, une leçon, une chanson, faire une lecture offerte ou autonome, un quart d’heure de lecture, ou encore mener un débat ou un atelier philo

1, 2, 3 : Action !

  • Délimiter l’espace que les élèves peuvent investir.
  • Mettre en place les règles de fonctionnement de ce nouveau lieu, pourquoi pas avec les élèves. 
  • Après la séance, faire le bilan de ce que l’espace de la cour a apporté ou empêché lors de la séance, et ajuster pour la fois suivante.

2. Sortir de la classe pour se mettre en mouvement 

Un autre avantage offert par l’espace de la cour, c’est qu’il y a de la place pour s’agiter, et pas seulement en faisant de l'EPS ! Faire bouger nos élèves est à la fois un enjeu majeur de société, largement relayé par les instructions officielles dans un souci de lutte contre la sédentarité et de promotion de la santé, mais également un besoin fondamental de l’enfant, indispensable à son équilibre et difficile à satisfaire entre les quatre murs de la classe. 

Alors, pour permettre à nos élèves de se dégourdir le corps et l’esprit, si on essayait d’introduire plus de mouvement dans leur journée, soit en leur proposant des pauses actives entre deux activités, soit carrément en bougeant pendant les séances ?

Quelques idées : la pratique de l'anglais avec le célèbre jeu "Simon says !", la Playdagogie, une méthode qui utilise le jeu sportif comme support éducatif pour travailler des compétences psychosociales, ou encore des idées pour faire les 30 minutes d'APQ.

1, 2, 3 : Action !

  • Repérer les moments auxquels la cour est disponible.
  • Bloquer une ou plusieurs plages de 30 minutes dans votre emploi du temps, en priorisant peut-être les jours où il n’y a pas EPS.
  • Pour commencer facilement, se constituer une banque d’activités dans laquelle piocher. La plupart des académies proposent des fiches prêtes à l’emploi pour les APQ.

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3. Sortir de la classe pour profiter de la place

Nos classes sont souvent surchargées d’enfants, de meubles, d’espaces en tout genre. Bref, on y manque de place pour le gros œuvre. Dans la cour, on peut voir grand, éphémère, salissant sans avoir à s’entasser ou risquer d'abîmer le matériel. 

Côté élèves, on apprécie la possibilité d’envahir l’espace, la liberté de mouvement… Et surtout d'avoir des règles de vie moins rigides, particulièrement en matière de bruit. Pas besoin de chuchoter dans la cour !

Et au-delà de proposer des activités version XXL à nos élèves, ces situations sont aussi l’occasion de les observer dans un cadre différent et de travailler de nombreuses compétences transversales comme l'adaptation pour faire face aux aléas, l’organisation de son matériel, la collaboration, l’engagement, la planification : à travers des productions plastiques éphémères à la craie directement sur le sol/mur, des productions géantes (fresques collectives), ou encore des constructions techniques (cerf volant, épouvantail, lego, kaplas, etc.).

1, 2, 3 : Action !

  • Avant d’aller dehors, préparer le matériel avec les élèves pour faciliter son transport et s’assurer que rien ne manque.
  • Prendre le temps de s’installer et d’expliciter les règles et les attendus. Si les groupes sont éparpillés, des regroupements collectifs peuvent parfois faciliter la passation des consignes au cours de l’activité.
  • En fin de séance, si les productions ne sont pas finies, prévoir un stockage. Si elles sont terminées, prévoir un mode d’exposition. 

4. Utiliser la cour comme support pédagogique

Urbaines ou rurales, toutes les cours disposent de ressources à exploiter pour travailler les compétences des programmes à partir de situations concrètes. Il suffit de prendre le temps de bien les observer. 

Les bâtiments, les plantes, les animaux sont autant de supports disponibles à portée de main pour donner du sens aux notions travaillées en classe. La météo, l'observation des saisons ou la position du soleil sont exploitables par tous quel que soit l'environnement dans lequel est implantée l’école. L’embellissement ou l’amélioration de la cour constitue également un objet de réflexion collectif très riche et qui bénéficie à tous et toutes. On peut notamment travailler les connaissances géométriques, en particulier les mesures, étudier les ombres, ou bien lister les espèces végétales et/ou animales, etc.

1, 2, 3 : Action !

  • Observer votre cour et repérer les éléments qui peuvent être mesurés par les élèves : fenêtres, portes, lignes au sol, bancs, équipements, etc.
  • Définir la place de la séance dans votre progression en fonction de vos objectifs (situation problème, entraînement ou prolongement) et du matériel à disposition. 
  • De retour en classe, prévoir une trace écrite de ce qui a été appris ou fait dans la cour.

Investir la cour pour faire classe, c'est avant tout s’ouvrir à de nouvelles possibilités en termes d’apprentissage et de bien être pour vous comme pour les élèves ! À chacun et chacune son style ! Et quand l’espace vous paraît trop petit, pourquoi ne pas envisager d’investir les environs de l’école

Élodie Leclercq

Directrice en cité éducative d’une école élémentaire REP de 19 classes
Adepte du bien vivre dans les écoles

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